Paris, le 23 octobre 2017

 

Les craintes soulevées incessamment depuis plusieurs mois par notre groupe, concernant la procédure d’un changement d’opérateur des Vélib’ à Paris sont malheureusement devenues une réalité !

Depuis un mois, avec un nombre toujours croissant de stations Vélib’ arrachées, neutralisées ou totalement vides de vélo, alors que certaines sont encore indiquées comme étant fonctionnelles sur le site internet de suivi des travaux, la dégradation du service, la réduction du nombre de stations, outrepasse les obligations contractuelles vis à vis des abonnés, alors même que les abonnements continuent d’être renouvelés, et encaissés plein pot. Aujourd’hui, retirer un Vélib’ sur un site encore en exploitation relève du coup de chance, tandis que le rendre sur un autre site, toujours en exploitation, relève cette fois du miracle. Il est parfois plus raisonnable de le rendre, là où on l’a pris. Près de 30% du réseau est ainsi inexploitable.

Pendant ce temps-là, la nature ayant horreur du vide, plusieurs acteurs du marché de la location de vélos, profitent du chaos ambiant et d’un vide juridique pour imposer sur l’espace public leurs nouvelles offres de vélos en libre-service sans stations.

Outre la nécessaire régulation de ces nouveaux équipements « volants » afin d’en empêcher un éparpillement anarchique sur la voie publique, il faut intégrer que leur arrivée modifie sensiblement l’équilibre économique du marché attribué hier par la mairie de Paris, dans des conditions aujourd’hui illusoires de quasi-monopole. Il est à craindre dès lors que le nouvel exploitant, n’étant plus en situation d’exclusivité, cherche à multiplier les sources de financement.

Aussi l’annonce du recours au marketing dit du « naming » de futures stations Vélib’ montre en effet que Smoovengo cherche, avant même le lancement de son offre et la publication préalable de sa grille tarifaire, de trouver de nouveaux moyens de financement.

C’est la raison pour laquelle, le groupe UDI-MoDem demande ainsi à ce que la nouvelle grille tarifaire, attendue, soit rendue publique le plus vite possible, mais également que la forte dégradation du service actuel des Vélib’ soit compensée en prolongeant gratuitement les abonnements actuels pour une durée de 6 mois, soit la durée prévue des travaux sur les stations.

De plus, nous demandons à ce que soient définies, et précisées, les règles d’un marché concurrentiel de la location de vélos à Paris, permettant la cohabitation de plusieurs offres commerciales existantes.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris