Paris, le 2 novembre 2016

A en croire la présentation par l’exécutif parisien des premières lignes de son budget 2017 pour la capitale, le fameux « trou budgétaire », qui ces dernières années oscillait entre 300 et 400 millions d’euros, aurait cette fois-ci disparu. Parisiennes, Parisiens, dormez tranquille, tout va très bien !

Pourtant, les budgets de la Ville de Paris se succèdent et se ressemblent invariablement. Le budget 2017 ne fait pas exception : nouvelle baisse de dotation de l’Etat, nouvelle hausse des dépenses de péréquation, nouvelle augmentation des frais de fonctionnement et des dépenses de personnel, et, quoiqu’en dise l’exécutif, nouveau trou budgétaire à combler.

Les mêmes maux produisent les mêmes effets. Pour combler ce trou, la Ville de Paris applique les mêmes recettes : nouvelle hausse des taxes sur les résidences secondaires, nouvelle hausse des taxes sur les meublés touristique ; nouvelles ventes immobilières et foncières. Ajoutons à cela la martingale des loyers capitalisés qui, par une astuce comptable désormais familière, viendront grossir les recettes de fonctionnement de plus de 300 millions d’euros. C’est la deuxième année consécutive que la Ville encaisse en une seule fois les loyers issus des campagnes de conventionnement du parc privé des bailleurs sociaux des 50 prochaines années ! Après la maire, le déluge ! Peu importe de tarir cette manne précieuse et d’entamer ainsi le capital de 50 ans…

Ce que le groupe UDI-MoDem dénonce depuis des années, tient toujours. On ne peut réaliser un budget sérieux par une succession de mesures à un coup. Ces augmentations ou recettes supplémentaires sont conjoncturelles ou ponctuelles. Elles ne sont pas viables sur le long terme, et surtout, font courir le risque de devoir combler un trou budgétaire croissant au fil des ans.

La Ville de Paris, malgré ses dénégations, connaît pourtant la réalité de cette situation. C’est l’objectif cible de la privatisation de la verbalisation du stationnement… La mairie espère de la sorte combler le trou du budget 2018 en amassant quelque 300 millions supplémentaires. C’est aussi pour cela, pour la première fois et sentant tourner le vent de l’alternance, que la maire de Paris daigne enfin réclamer à l’Etat le montant de la dette sociale que ce dernier lui doit, -soit plus d’un 1 milliard d’euros !

Mêmes causes, mêmes effets : la dette de la collectivité parisienne atteindra 5,7 milliards fin 2017 et risque fort de dépasser les prévisions déjà alarmistes d’une dette culminant à 8,8 milliards d’euros à la fin de cette mandature, -soit un taux d’endettement de 86%, qui aura ainsi plus que doublé en l’espace de six ans.

 

 

Yves Pozzo di Borgo

Sénateur de Paris

Conseiller de Paris (7ème).