Le 14 octobre 2016

En présentant les premiers éléments de son budget 2016, la Maire de Paris persiste dans le jeu sémantique déjà mis en place dans le budget 2015. Augmenter les impôts est impossible ? Qu’à cela ne tienne, augmentons les taxes !

Après la hausse des tarifs de stationnement en surface et en sous-sol, de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ou encore des tarifs des cantines scolaires, voici que la Maire de Paris propose la hausse des droits de mutation, alors que Bertrand Delanoë s’y était toujours refusé. On voudrait relancer l’insécurité juridique du marché de l’immobilier qu’on ne saurait mieux s’y prendre.

Avec cette mesure, c’est une pression supplémentaire exercée à l’encontre des potentiels petits acquéreurs et autres primo-accédants qui seront d’autant plus évincés du marché de l’immobilier à Paris. La Maire s’en prend ainsi une fois de plus aux classes moyennes et ajoute un frein supplémentaire à l’accession à la propriété déjà si difficile à Paris.

Quant à l’annonce de la création d’une police de proximité, décalque inavouée de la police municipale que les centristes appellent de leurs vœux depuis des années, notamment par l’adoption au Sénat d’une proposition de loi que nous avons présentée permettant la création d’une police municipale à Paris, c’est un véritable salto arrière inavoué de la part de la Maire de Paris.

Après nous avoir répondu pendant des années que la constitution d’une telle police coûterait plus cher à la Ville, voilà que sa création serait aux yeux de l’exécutif parisien une mesure d’économies ! Il est dommageable que cette prise de décision ne soit motivée que par des considérations comptables, et non pour une raison plus prosaïque d’améliorer la sécurité des Parisiens.

Seule mesure qui semble aller dans le bon sens, mais une fois encore, bien trop tardive : la recherche d’économies d’énergies dans les bâtiments municipaux. Mais la seule économie d’énergie réellement bénéfique pour les Parisiens serait d’abolir celle déployée par l’exécutif pour leurs faire les poches.

Yves Pozzo di Borgo
Sénateur de Paris
Conseiller de Paris (7ème arrondissement)