La majorité municipale a adopté ce jour, au Conseil de Paris, l’augmentation à 60% de la majoration de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires. Un projet auquel s’est opposé le groupe UDI-MoDem.

A en croire l’exécutif parisien, cette augmentation aurait pour objectif de limiter les abus sur le marché des meublés touristiques, Airbnb et consorts, rendus attractifs par un rendement financier 2,6 fois plus important que celui de la location traditionnelle, et qui a pour conséquences l’affaiblissement de l’industrie hôtelière, mais aussi l’évaporation de milliers de locations sur le marché immobilier parisien.

Il suffit pourtant d’une seule simulation pour se rendre compte que cette majoration n’est qu’un coup d’épée dans la Seine.

Ainsi, le propriétaire d’une résidence secondaire de 50m2 à proximité de Montmartre paye une taxe d’habitation « de base » de 575€. Avec la majoration à 20% pour les résidences secondaires, il payait  690€. Avec l’augmentation de la majoration à 60%, il paiera 920€, soit seulement 230€  de plus que l’année dernière !

230 € : un surcoût épongé en une nuit ou deux de mise en location de son bien sur Airbnb !

Pour le groupe UDI-MoDem, cette majoration ne sera en rien dissuasive pour lutter contre les propriétaires qui abusent de ces locations saisonnières. Cette augmentation touchera aveuglément  l’ensemble des propriétaires d’un logement secondaire à Paris, même ceux qui respectent les règles !

Nous considérons que cette augmentation signifie avant tout un moyen pour la Ville de Paris de grappiller 43 millions d’euros pour boucler un budget dont elle a de plus en plus de mal à boucher le récurrent fossé.

Contrairement à ce qu’entend l’exécutif, la seule manière efficace de remettre des biens aujourd’hui réservés à la location touristique de courte durée sur le marché de la location traditionnelle, pour les Parisiens, c’est non pas de taxer à la marge, mais de poser des règles claires pour réguler la location saisonnière.

La régulation plutôt que la taxation, c’est la position qu’a défendu le groupe UDI-MoDem, en proposant notamment d’abaisser de 120 à 60 le nombre maximum de nuits à proposer, par an, en location saisonnière. Ou encore d’interdire ces locations pour des séjours de moins de 3 nuits consécutives.

A ces propositions claires et d’urgence, la Mairie préfère continuer un double jeu, néfaste aussi bien pour le marché locatif que pour l’industrie hôtelière, mais qui a le mérite de remplir sa bourse percée, guidée par une pensée cynique : il est plus profitable à la mairie de ne pas réguler plutôt que de réguler.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris