Paris, le 14 mars 2016

Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas avec déplaisir que l’adjoint en charge de Logement et de l’Hébergement d’urgence de la ville de Paris viendra ce soir dans le 16ème arrondissement  pour une réunion publique dite « d’information ».

C’est au contraire avec malice qu’il entend se délecter d’une provocation préparée très en amont, dans le cadre d’une opération à visée purement électoraliste, devant un public qu’il espère nombreux et si possible nerveux. Cette publicité politicienne malsaine je la dénonce !

Tout d’abord, il est bien temps de venir « informer » les habitants de l’arrondissement alors que chacun sait que le projet est prêt et ficelé à l’avance ! C’est au fond une réunion d’imposition à laquelle il nous est prié d’assister, malgré les protestations  légitimes qui ne manqueront d’être soulevées dans l’amphithéâtre  de Dauphine.

Mais à la liberté de provocation de M. Ian Brossat répond la liberté d’objection des habitants du 16ème !

  • La méthode est antidémocratiquecar aucune concertation en amont avec le maire de l’arrondissent et ses habitants n’a eu lieu: dans une gouvernance municipale apaisée, sur un sujet difficile et grave auquel sont confrontées la France et toute l’Europe, celui des migrants,  il aurait été sage d’associer les habitants plutôt que de les ignorer, de les mépriser, de les caricaturer. Les contre-propositions existent, elles ont été exprimées, elles auraient pu être examinées plutôt que d’être rejetées d’un revers de la main.
  • La méthode est anti humanitaire pour les futurs personnes hébergées, car parquer littéralement 200 personnes allée des Fortifications dans le Bois de Boulogne, dans un périmètre éloigné des habitations et des commerces –donc hors de toute socialisation-, cela s’appelle créer un ghetto. Est-cela la politique d’hébergement d’urgence de la ville de Paris ? Est-ce cela favoriser l’intégration sociale ? C’est sidérant, quand on sait pertinemment qu’il existe de nombreux biens immobiliers de la ville non affectés qui pourraient tout à fait abriter utilement des personnes en souffrance.
  • La méthode est enfin violente: dans cette affaire, la provocation est  la mère de tous les vices ! Imposer au lieu de concilier, diviser au lieu de rassembler, polémiquer au lieu de dialoguer,  c’est le choix délibéré de M. Ian Brossat, il n’est pas le nôtre.

Non, M. Brossat, la politique, ce n’est pas la corrida, ce n’est pas venir en matador à Dauphine agiter la couleur rouge de votre mulleta !

A l’heure où la politique est tant décriée pas nos concitoyens, et le sans-abrisme une vraie préoccupation à Paris, faites au moins en sorte que votre réunion d’information ne se transforme pas en farce démocratique, il en va votre responsabilité !

 

Eric Hélard

Président du groupe UDI-MoDem à la Mairie du 16ème

Vice-Président du groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris