Paris, le 4 mai 2020

Alors que le système de transports en commun parisien et francilien connaît une insoutenable saturation, dont je n’ai eu de cesse d’alerter les pouvoirs publics (juin 2016, mars 2017, juin 2018, août 2018, janvier 2019, avril 2020), le « signal d’alarme » que tire aujourd’hui la Présidente d’Ile-de-France Mobilités semble autant justifié que tardif.

Le niveau de saturation des réseaux franciliens paraît en effet à ce jour totalement incompatible avec la stratégie de dé-confinement prévu en Ile-de-France le 11 mai, et notamment la distanciation physique dans le métro et le RER. Ainsi, alors que le respect de ces principes impose de ne transporter qu’environ 20 % du nombre habituel de voyageurs, même une affluence que l’on peut espérer minimale par rapport à la normale risque d’avoir des effets qui atteindront rapidement le maximum acceptable.

Face à cette difficulté, si l’étalement des heures de pointes et le télétravail sont des vraies solutions, elles ne peuvent malheureusement s’improviser dans le court terme, au dernier moment, mais impliquent des changements de comportements, de nouvelles cultures d’entreprise et de travail, qui auraient dû d’être incitées et développées beaucoup plus en amont de la situation d’urgence que nous connaissons aujourd’hui. L’autre proposition de Valérie Pécresse consistant à réguler les flux à l’entrée des stations de transports en commun, ne représente que le début d’une solution partielle. En effet, si ce contrôle permet d’éventuellement vérifier la validité du déplacement sur des critères clairement précisés, c’est uniquement dans chaque voiture, ou sur le quai, que le contrôle du taux de remplissage des rames et du respect de la distanciation physique pourra être effectué, station après station. Une absence de respect strict de ces règles pourrait d’ailleurs, en cas de manquement grave, conduire à l’engagement de la responsabilité civile ou pénale des opérateurs ou de l’autorité organisatrice.

Sans une mise en œuvre réfléchie, pratique, drastique, de ces préconisations, ajoutée bien sûr à la mise à disposition de masques en nombre suffisant et de gel hydro-alcoolique, les conditions sanitaires nécessaires à un contrôle de la pandémie ne seront pas réunies dans les réseaux de transports publics et, si l’on ne veut pas de nouveau faire du métro et du RER un futur vecteur de diffusion du virus, c’est donc leur réservation à l’usage exclusive de quelques professions en première ligne qui devra être envisagée.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris