Paris, le 7 janvier 2019

 

Après avoir accompagné le projet de modernisation de la gare du Nord à chacune de ses étapes depuis sa présentation à l’été 2018, la Ville de Paris a finalement fait savoir qu’elle y donnerait un avis défavorable, en contradiction avec la position de l’exécutif au Conseil de Paris du 8 juillet dernier, qui avait alors voté en faveur du projet.

Cette annonce, faite hier par la Ville de Paris, et qui intervient deux jours seulement avant la clôture de l’enquête publique, ne fait qu’attiser le débat sur la gare du Nord soulevé par les écologistes et les communistes, alimenté par plusieurs architectes, et qui a suffisamment affolé l’exécutif parisien pour que celui-ci retire son soutien au projet et en fasse un argument de campagne, à quelques mois des élections municipales.

Depuis la tribune publiée le 1er octobre par Jean-Louis Missika et la maire du 10e arrondissement Alexandra Cordebard, et au regard de l’acharnement de l’exécutif à tirer sur le projet porté par StatioNord, on en oublierait presque le soutien apporté par la Ville jusqu’à cet automne, malgré des réserves, certes légitimes, mais qui ne justifiaient pas cette désaffection pour un projet qu’elle avait jusque-là accompagné.

Cette soudaine opposition est d’autant plus intempestive que ce soutien a paru longtemps sans ambiguïté.

Certes, le projet reste sûrement perfectible, mais ce revirement brutal de la Ville de Paris néglige cependant quelques modifications structurelles apportées par l’évolution du projet, dont le 10e arrondissement a pourtant bien besoin :

  • désaturation de la gare la plus fréquentée d’Europe ;
  • amélioration de la sécurité dans et autour de la gare ;
  • requalification de ses abords ;
  • dynamisation économique du quartier ;
  • meilleure accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Autant de progrès sensibles qui auraient dû pousser la Ville à poursuivre le dialogue sur les points les plus problématiques dans le cadre du projet urbain partenarial, censé améliorer les abords de la gare.

Face à des enjeux si importants, – pour les riverains des deux arrondissements concernés, pour les usagers quotidiens de la gare qui souffrent d’une gare sous-dimensionnée et inadaptée, pour l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 -, il est aujourd’hui nécessaire de laisser l’enquête publique poursuivre son cours et tirer ses conclusions en toute impartialité, guidée par l’intérêt général et non par de petits calculs électoraux.

Enfin, il est à espérer que tous les projets urbains en cours ne soient pas utilisés par l’exécutif parisien comme une monnaie d’échange pour la constitution de son hypothétique future majorité municipale.

 

Eric AZIERE

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris