Paris, le 6 janvier 2020

 Anne Hidalgo, candidate non officielle à sa réélection, mais bel et bien en campagne depuis plusieurs mois, a annoncé par la voix de son premier adjoint que, en cas de réélection, elle mettrait en place la gratuité des transports en commun pour les jeunes de moins de 18 ans.

Ne soyons pas dupes, cette gratuité en trompe l’œil s’apparente plus à une mesurette à visée électorale qu’à une vraie révolution pour le pouvoir d’achat des familles parisiennes, qui bénéficient déjà de la gratuité totale des transports pour les enfants jusqu’à 11 ans et de la prise en charge de 75% du pass Navigo par la Région Ile-de-France et la Ville de Paris pour les jeunes de 11 à 18 ans.

Cette promesse de campagne consiste donc finalement à financer les 25% restant du pass Navigo pour les collégiens et lycéens parisiens. Du fait de leur nombre (135 000) et du probable effet d’aubaine engendré par une telle mesure, le coût pour la Ville, et in fine pour le contribuable parisien, pourrait être compris autour de 20 millions d’euros supplémentaires. Même, si, au rythme auquel les familles fuient Paris depuis ces dernières années et en l’absence d’un infléchissement radical dans la politique du logement actuellement menée, ce montant ne pourra qu’être amené à baisser au fil des années…

Ces effets d’annonce, à quelques semaines des élections municipales, taisent les vraies difficultés auxquelles l’actuelle majorité n’a pas su s’attaquer, et que la prochaine équipe municipale devra s’employer à résoudre, à savoir la désaturation des transports en commun en heure de pointe,  et une politique efficace de lutte contre la pollution.

L’extrême saturation du métro, conséquence du manque d’anticipation d’une hausse de la fréquentation des lignes, suppose d’investir en priorité sur le développement du réseau et sur l’augmentation de la fréquence des rames, tout en menant une réflexion approfondie sur la mise en place d’horaires décalés dans les entreprises et administrations franciliennes ainsi que dans les établissements scolaires.

La vraie priorité des Parisiens, plus qu’une illusoire gratuité, est assurément de retrouver des conditions de transport dignes sur l’ensemble du réseau.

 

Eric AZIERE

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris