Paris, le 18 décembre 2019

 

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Au 14e jour de grève à la RATP et à la SNCF, et alors que l’intersyndicale vient d’annoncer qu’il n’y aurait pas de trêve de Noël, la situation du commerce parisien est catastrophique. La maire de Paris ne peut plus se contenter de se lamenter de la situation en se retournant contre le Gouvernement.

Baisse de chiffre d’affaires pour 96% des commerçants parisiens, chute d’activité de 30 à 50% de l’activité des magasins de la capitale  – culminant à 80% pour les commerces situés aux abords des gares –, diminution de 30% des réservations dans les hôtels indépendants, dégringolade de 40% du nombre de réservations dans les théâtres, baisse de 30 à 50% du nombre de rendez-vous chez les coiffeurs…

Face à un tel choc sur l’économie locale, la maire de Paris ne peut plus se contenter de mener une politique de défausse permanente sur le Gouvernement, comme elle l’a fait récemment, et tout au long du mandat, sur la sécurité des Parisiens, la régulation des trottinettes, l’endettement de la Ville ou encore l’accueil des migrants.

Le groupe UDI-MoDem appelle la maire de Paris à être le porte-voix des commerçants parisiens auprès de l’ensemble des autorités publiques, afin de trouver des solutions pour alléger la gravité des conséquences économiques du mouvement social. La mairie ne peut pas tout, mais elle doit répartir ses efforts entre ce qui relève de ses compétences propres, comme l’exonération des droits de terrasses pour les restaurateurs les plus touchés, et de compétences partagées, comme la mise en place d’un fonds d’indemnisation pour les commerçants les plus fragilisés, en lien avec l’État et la Région, sur le modèle du fonds de soutien aux commerces touchés par la crise des « Gilets jaunes ».

Depuis de longs mois, les commerçants parisiens ne connaissent aucun répit, durement éprouvés par une conjonction de facteurs structurels – avec une concurrence du e-commerce toujours plus forte pour les commerces de proximité et la prolifération des meublés touristiques qui pèsent sur l’hôtellerie – et conjoncturels – crise des « Gilets jaunes », récemment suivie du mouvement de grève contre la réforme des retraites –.

Ces blocages que connaissent Paris et sa région depuis le 5 décembre sonnent le glas de tout espoir d’embellie du commerce parisien, pour lequel les fêtes de fin d’année représentent une part importante du chiffre d’affaires, au terme d’une année 2019 particulièrement morose.

Il ne s’agit pas, pour les commerçants parisiens, d’un simple report d’activité, mais bel et bien d’une perte sèche de chiffre d’affaires, pesant lourdement sur l’emploi de proximité.

Privés de transports, nombre de Franciliens décident donc d’effectuer leurs achats en ligne, plutôt qu’en centre-ville.

Les grandes gagnantes de cette opération sont les grandes plateformes d’e-commerce françaises et internationales, ces dernières contribuant peu à l’effort de solidarité nationale, à l’heure où la France enregistre déjà une progression exponentielle des ventes en ligne, qui représentent désormais 100 milliards d’euros de dépenses, soit environ 9% du commerce de détail – vêtements, livres, réservations touristiques… – un chiffre en hausse de 13% entre 2017 et 2018.

A Paris, cette tendance se concrétise notamment avec la chute libre du chiffre d’affaires des commerces du secteur textile (15% de perte de CA au cours de la dernière décennie) et la fermeture de 1200 magasins de prêt-à-porter et de chaussures entre 2014 et 2017. Les librairies subissent également de plein fouet la concurrence du e-commerce avec près de 300 fermetures en une dizaine d’années.

Ces dizaines de milliards d’euros qui alimentent les grandes plateformes de vente en ligne sont donc autant de ressources en moins pour les commerces des centres-villes, au détriment de l’emploi de proximité.

Il est temps que la Ville sorte de son rôle de pleureuse égyptienne et prenne des initiatives fortes aux côtés des associations de commerçants.

 

Eric AZIERE

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris