Paris, le 16 juillet 2019

La présentation ce matin de la future police municipale parisienne a confirmé ce que nous redoutions : la création d’une police municipale à Paris n’est que l’énième effet d’annonce d’un exécutif qui rentre dans l’idée d’une police municipale à reculons.

Hormis une hausse attendue des effectifs de 6%, rien de plus qu’un changement de nom n’est prévu pour l’actuelle Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP).

La police municipale promise serait ainsi en charge de la tranquillité publique ( ?), de la circulation ( ?) et de la lutte contre les incivilités ( ?)…Trois missions floues dont la qualification juridique n’est pas définie, qui ne sont encadrées par aucune loi,  et dont les 3 200 agents de la DPSP sont déjà en charge !

En revanche, la lutte contre la délinquance du quotidien, – le trafic de drogue, les ventes à la sauvette, les vols à la tire, les cambriolages -, contre le tapage nocturne, ou encore le contrôle du bruit et de la vitesse de circulation, véritables angles morts des missions actuelles des agents de la Ville, continuera d’échapper aux futurs policiers municipaux. Comment peut-on parler d’une « police de proximité », quand de tels sujets, préoccupations majeures des Parisiens, sont absents des compétences de la future police ?

Telle que présentée par la Mairie de Paris, la police municipale n’aura pas non plus vocation à être armée, la question ayant été totalement évacuée du débat. Elle n’aura même pas vocation à répondre aux urgences des riverains, puisque la ligne téléphonique créée n’est ouverte que de 8h à 19h !

Le périmètre exact des compétences de cette future police doit encore être précisé par une loi-cadre. Cependant, la Ville de Paris a d’ores et déjà fait savoir qu’elle ne souhaitait aucun transfert de nouvelles compétences à ses agents, qui n’auront donc dès lors ni les moyens ni le cadre juridique nécessaires pour agir, contrôler, réprimer et répondre ainsi aux attentes des Parisiens en matière de tranquillité et de sécurité.

L’examen du projet de loi « Proximité et engagement » à la rentrée parlementaire est au contraire l’occasion de confier aux agents municipaux des missions de lutte contre la petite délinquance, à commencer par le contrôle d’identité et la verbalisation des petits délits.

Devant tant de pusillanimité, on s’interroge sur les réelles motivations de la Ville à créer une police municipale à six mois des élections. Si le groupe UDI-MoDem a toujours défendu la mise en place d’une police municipale à Paris, nous ne pouvons que déplorer le manque d’ambition de la Maire de Paris sur un tel sujet. Au-delà de ces effets d’annonce, la police municipale restera à faire, et sera sans doute au cœur des débats des prochaines élections municipales.

 

Eric AZIERE

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris