Paris, le 14 juin 2019

 

Sur 850 millions d’euros de promesses de dons pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, seuls 80 millions ont effectivement été collectés par la Fondation du Patrimoine (54,5 M€), la Fondation Notre-Dame (15 M€), la Fondation de France (9 M€) et le Centre des Monuments Nationaux (3,5 M€).

 Ainsi, près de 2 mois après l’incendie, seules 9% des promesses de dons ont bien été versées aux quatre structures en charge de la collecte, alors que le coût de la reconstruction de la cathédrale demeure pour l’heure inconnu. En un mois, entre mi-avril et fin mai, ce sont déjà entre 10 et 13 M€ qui ont été dépensés pour les premières étapes de sécurisation du bâtiment.

Au vu de ces éléments, la décision de la Fondation du Patrimoine de clôturer sa collecte le 15 mai dernier au grand dam du ministère de la Culture est incompréhensible, d’autant que les 221 M€ collectés annoncés… correspondaient en vérité à des promesses de dons, et non à des versements effectifs.

Cette gestion totalement désordonnée aurait pu être évitée, d’abord en ne missionnant qu’un seul opérateur pour collecter les dons, sous l’égide de l’État.

Cette défection des dons, autant de la part des particuliers que des collectivités qui s’étaient déclarées solidaires, aurait elle aussi pu être évitée, ou tout du moins limitée, sans cette communication outrancière sur un prétendu afflux massif de fonds, frôlant soi-disant le milliard d’euros.

Pour finir, l’organisation d’une messe demain, samedi 15 juin, à l’intérieur-même de Notre-Dame, dont des pans entiers menacent encore de s’effondrer, selon les déclarations du ministre de la Culture lui-même, met non seulement en péril la sécurité des participants mais vient surtout brouiller le message envoyé, laissant penser que Notre-Dame commence déjà à renaître de ses cendres.

Clôturer les cagnottes avant même de récolter les fonds nécessaires, célébrer une messe alors même que la voûte peut encore s’effondrer, se gargariser d’un afflux massif de dons alors que ceux-ci ne restent que des promesses… cette précipitation désordonnée augure mal du sens des responsabilités, des compétences et des moyens mis en œuvre pour la reconstruction de Notre-Dame.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14e)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris