Paris, le 26 novembre 2018

Les engagements de la Mairie de Paris et de la Préfecture de Police pris devant le Conseil de Paris il y a 10 jours par rapport aux manifestations des Gilets Jaunes à Paris n’ont pas été tenus.

En Conseil de Paris le 15 novembre dernier, le Préfet de police qui répondait à ma question posée au nom du Groupe UDI-MoDem sur l’arsenal prévu pour contenir les manifestations des gilets jaunes s’était montré rassurant : « Nous surveillons sur les réseaux sociaux toutes les initiatives que nous voyons fleurir […]. Nous nous préparons à gérer cette journée avec efficacité … ».

Face aux inquiétudes que j’avais exprimées sur les dispositifs prévus pour limiter les débordements, le Préfet de police avait rappelé que la consigne était de « mettre fin aux blocages des axes structurants ou des points stratégiques. Du point de vue de la sécurité, du point de vue des secours, un tel blocage ne sera pas toléré ».

Que s’est-il passé dans la chaîne de commandement ? Comment expliquer le grand écart entre l’engagement du Préfet de police devant les élus, et la violence du blocage et des débordements sur un axe aussi structurant qu’emblématique à Paris, les Champs Élysées ?

Comment expliquer que pendant plus de 15 heures, les manifestants infiltrés par des casseurs parfaitement identifiés, et les forces de l’ordre, se soient affrontés par un échange de pavés, bombes lacrymogènes et lances à eau, dans une chorégraphie de rue, une espèce de quadrille de troupes urbaines, incontrôlables ?

Faut-il que nos agents, forces de police et gendarmerie, aient des nerfs solides et la tête froide pour résister à ces mouvements désorganisés de foules abandonnées à leur absence d’encadrement !

La Mairie de Paris a, quant à elle, fait preuve d’un angélisme désolant dans la gestion de cette crise. En premier lieu,  alors que la Ville s’était engagée lors de cette même séance du Conseil de Paris à « envoyer des informations et messages de la Préfecture de police, pour que les Parisiens puissent être pleinement informés en temps réel de ce qui pourrait arriver », Anne Hidalgo y a substitué par distraction,  la quintessence de sa gouvernance numérique en invitant par un tweet malheureux les Parisiens (et 1,43 millions de followers) à se rendre aux Champs Élysées pour y admirer les illuminations de Noël.

Si l’avenue brillait de mille feux à ce moment-là, ce n’étaient pas ceux des fêtes de Noël, mais bien ceux allumés par les émeutiers encore présents sur l’avenue ce soir-là…

Pourtant rappelons, que l’adjointe à la sécurité Colombe Brossel, nous avait assurés lors du Conseil de Paris de « la mobilisation des services publics parisiens pour que les Parisiens, habitants et commerçants, bénéficient d’un cadre de vie non dégradé ». En réalité, samedi dernier, sur les Champs Élysées, les commerçants semblaient ignorer jusqu’à l’ouverture de leurs magasins, les risques de débordements et de saccages. Plus grave encore, le service de la voirie de la Ville n’avait pas enlevé les barrières de chantier, qui ont servi d’armes par destination.

Avant d’être « requalifiés », les Champs Élysées ont surtout disqualifié la Mairie de Paris et la Préfecture de Police dans la gestion de cette manifestation.

Cette mauvaise gestion devrait coûter cher à la ville de Paris sur le plan touristique. Les images des émeutes sur la plus belle avenue du monde ont fait le tour du monde, et loin de faire rêver les touristes, elles les font cauchemarder.

 

Eric Azière

Président du Groupe UDI MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14è)

Conseiller métropolitain