Paris, le 16 novembre 2018

Le Conseil de Paris sera amené à débattre lundi sur une communication relative au lancement de la deuxième édition de l’évènement « Faites le Paris de la biodiversité ». Il s’agit, nous dit-on, de créer des temps forts autour de la biodiversité afin de se mobiliser et de s’impliquer dans la préservation et le développement de cette dernière. Les entreprises, les Parisiennes et les Parisiens, les grands propriétaires fonciers et tous les autres acteurs concernés doivent comprendre les enjeux et se les approprier.

Oui, nous sommes d’accord, et c’est bien ce que prône et soutient invariablement notre groupe UDI-MoDem depuis le début de cette mandature.

Pour autant, nous ne pouvons qu’exprimer notre surprise et notre désapprobation sur la dichotomie, voire la contradiction, entre les paroles et les actes de la Mairie de Paris. Comprendre les enjeux de la biodiversité et se les approprier, voilà exactement ce que nous demandons à l’exécutif parisien d’appliquer dans sa politique. Or c’est le contraire qui se passe en pratique puisque c’est une densification urbaine effrénée qui est de fait menée par l’exécutif. On nous parle beaucoup de biodiversité, mais on bétonne à outrance !

Trois exemples symptomatiques :

En juillet dernier, c’était le projet Bercy Charenton. Ce projet prévoit  la création de 580 000 m² de surface de plancher, dont 6 tours de grande hauteur, ce qui augmentera la population parisienne de 9000 personnes, le tout sans aucune desserte supplémentaire de transports en commun, et dans un cadre de vie peu enviable, le secteur étant soumis à une très forte pollution atmosphérique et sonore. Pire, le projet ne prévoit de créer des espaces verts que sur à peine 10 % de la surface de la zone aménagée.

Début novembre, c’était la tentative de bétonisation de la Petite ceinture, retirée en dernière minute, parce que la délibération risquait d’être retoquée.

Dernier exemple : le projet d’aménagement du « TEP Ménilmontant » contre lequel militent de nombreux riverains. Ce projet ne consiste pas à aménager le stade actuel mais à le supprimer pour y construire un nouvel ensemble immobilier, en plus d’une déchetterie. Un espace de respiration en moins pour des constructions supplémentaires.

Cette folie constructrice, cette densification effrénée, sont évidemment contradictoires avec le Plan Climat Air Energie voté à l’unanimité du Conseil de Paris en mars dernier, avec les objectifs affichés en matière d’environnement et de préservation de la qualité de vie des Parisiens et surtout avec la préservation de la biodiversité dont les espaces sont de plus en plus restreints et pollués.

Une fois de plus, et c’est extrêmement regrettable, si la communication est bonne, les actes, eux, sont de fait, très nuisibles à la biodiversité !

 

Edith Gallois

Vice-présidente du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseillère de Paris (13ème)