Paris, le 29 octobre 2018

Le triomphalisme avec lequel la Maire de Paris et ses équipes ont accueilli la validation par le tribunal administratif, jeudi dernier, du deuxième arrêté de piétonisation des berges de Seine rive droite, après l’annulation du premier arrêté en février dernier, est déplacé, tout comme sa politique, qui se contente de déplacer la circulation et la pollution de manière parfaitement inéquitable.

Déplacé parce que les raisons écologiques sur lesquelles toute sa politique est officiellement fondée ne sont pas du tout retenues dans le cadre de cet arrêté de fermeture des voies sur berges.

Non seulement la pollution, tant atmosphérique que sonore, n’a pas diminué, mais elle s’est accentuée, démultipliée et déplacée justement à hauteur d’habitations.

Déplacé parce que même les raisons invoquées dans le deuxième arrêté, à savoir la protection du patrimoine, ne tiennent pas. 

Rappelons, en effet, que le site Rives de Seine, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’étend du Champ de Mars au Boulevard Henri IV, englobant les îles de la Cité et Saint-Louis, mais aussi la Place de la Concorde, l’Église de la Madeleine, les Invalides ou encore, les quais hauts, rive gauche comme droite. La plupart de ces sites subissent de plein fouet les reports de circulation suite à cette fermeture brutale des berges, sans que la fameuse « évaporation » des véhicules tant espérée, n’ait eu lieu.

Le patrimoine, et l’enjeu touristique seraient-ils de seconde zone sur le boulevard Saint-Germain ou sur les quais hauts, par rapport aux berges de Seine ? Or, le patrimoine de ces zones, pour certaines elles-aussi incluses dans le périmètre de l’UNESCO, subissent de plein fouet ces reports de circulation et de pollution.

Déplacé enfin parce que le loisir de quelques-uns ne saurait prévaloir sur la vie quotidienne de beaucoup d’autres.

La plupart des sites qui subissent les reports de pollution abritent des bureaux et des logements, qui doivent vivre dans une surpollution atmosphérique et sonore liée aux reports de circulation.

La politique d’Anne Hidalgo, sans concertation, ni propositions suffisantes d’alternatives de transports en commun, ni de refonte du plan de circulation est donc une politique parfaitement déplacée et totalement inéquitable.

En considérant Les raisons patrimoniales et touristiques invoquées en dernier recours pourraient bien l’être aussi pour tous ces autres et beaux boulevards ! Mais, faute d’évaporation c’est une paralysie qui surviendrait.

On le voit bien la logique de l’absurde bat son plein à la Mairie de Paris, et il est urgent de remédier à cette situation intenable.  

La fluidité de la circulation, la tranquillité des habitants, la santé des riverains ne peuvent attendre les prochaines élections municipales ! 

Aussi, alors que la méthode utilisée fait l’unanimité contre elle, je renouvelle la demande maintes fois réclamée par notre groupe, de la tenue d’États généraux de la mobilité  et des transports réunissant la région, la métropole et la ville de Paris.

Je lance donc un appel à la Présidente  de la région, au Président de la Métropole et à la Maire de Paris pour qu’ils  se réunissent autour d’une table et trouvent ensemble des solutions afin de remédier  à une situation qui ne peut s’éterniser. 

 

Edith Gallois

Vice-Présidente du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseillère de Paris (13ème)