Paris, le 11 octobre 2018

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris ne participera pas au « séminaire collaboratif sur la gratuité des transports en commun », organisé ce vendredi 12 octobre à l’Hôtel de Ville, qui est une mascarade participative, véritable mise en scène d’une communication municipale déjà écrite à la façon d’une vraie promesse électorale.

Contrairement aux déclarations de la maire la Maire de Paris, les groupes du Conseil de Paris n’ont pas été associés à ces travaux, que ce soit pour la rédaction du cahier des charges des études menées ou pour les éventuelles auditions d’experts.

Les arrière-pensées électorales de la Maire de Paris ont détruit toute la pertinence et l’intelligence de la réflexion sur le coût des transports en commun en Île de France, l’enfermant dans une caricature simpliste et béate de la gratuité pour tous.

En cela, on retrouve un style de gouvernance qui a marqué toute la mandature, en particulier sur le sujet des mobilités et des transports, dans lequel elle aura tout raté : Vélib, Autolib, état du métro et du RER aujourd’hui, gestion des vélos, trottinettes et scooters en free floating…

Ce véritable gâchis a ainsi l’inconvénient de faire passer au second plan les vrais enjeux pour les transports en commun, qui devraient au contraire nourrir toutes les réflexions : l’anticipation de la hausse de la fréquentation et un meilleur étalement des heures de pointe, avec la mise en place d’une tarification différenciée, la rénovation du réseau pour limiter les incidents d’exploitation, qui commencent même à apparaître sur les lignes du métro automatique, l’amélioration du confort des voyageurs, notamment par la rénovation des rames, en évitant de démonter les strapontins, la multimodalité, avec la création d’un Pass mobilité unique comprenant l’accès à Vélib’, Autolib’, voire au free floating, aux taxis et aux VTC, le maintien d’une présence humaine dans chaque station de métro, l’augmentation ponctuelle et ciblée des offres de transports en fonction de grands événements ou des pics de pollution ou encore l’amélioration de la sécurité dans le métro et de son accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Or, si l’on s’en tient au service actuel, sans répondre à tous ces enjeux supplémentaires, la gratuité coûterait déjà 2,8 milliards d’euros par an. Alors qu’il va falloir déjà, selon le rapport de Gilles Carrez, trouver 10 milliards d’euros supplémentaires pour financer la seule construction du Grand Paris Express par rapport à son coût initial de 25 milliards, sans compter ses coûts futurs d’exploitation, l’approche de la Maire de Paris n’est pas réaliste sur le plan financier, sauf à mettre les contribuables ou les entreprises à contribution, rendant mensongère la notion de gratuité pour tous.

En juin dernier, le groupe UDI-MoDem demandait à la Maire de Paris l’organisation d’États Généraux des transports en commun en région parisienne, regrettant que le temps, l’énergie et les ressources déployées par la Mairie de Paris pour étudier la possibilité de la gratuité des transports en commun à Paris ne soient pas plutôt consacrés à s’occuper de vrais enjeux avant que la situation ne devienne encore plus explosive.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris