Après un peu plus de 7 ans d’existence, Autolib’ sera définitivement interrompu ce soir. Cependant, l’histoire est loin d’être terminée pour les contribuables qui ne savent pas encore à quelle hauteur la facture de cette fin anticipée du service Autolib’ s’élèvera, alors même qu’on leur avait promis en 2011 un bénéfice de 56 millions d’euros pour les collectivités au terme de la délégation de service public (DSP) initialement prévue en 2023.

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris, qui a interpellé à de nombreuses reprises l’exécutif parisien depuis près d’un an à ce sujet, regrette vivement la méthode employée par la Ville de Paris dans la gestion de ce dossier. Celle-ci a fait preuve d’une grande naïveté face à un industriel cherchant à mettre en avant son produit et peu soucieux d’enrayer un déficit qu’il savait structurellement et contractuellement majoritairement à la charge des collectivités.

En plus des frais d’indemnisation du délégataire, la Ville devra faire face à plusieurs procédures judiciaires qui ne manqueront pas de peser, elles aussi, sur ses finances. En effet, alors que le groupe Bolloré s’apprête à demander une indemnisation exorbitante de 250 millions d’euros au Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole, bien loin des « moins de 100 millions d’euros » que prévoyait le Présidente du Syndicat le 21 juin dernier, on ne voit pas comment ce conflit pourrait être arbitré autrement que par les tribunaux. De même, une vingtaine de communes membres du Syndicat souhaitent déposer un recours contre la décision autocratique de la Ville de Paris de mettre fin au service Autolib’, estimant ne pas disposer des informations nécessaires à une bonne compréhension du dossier.

A l’heure ou le service Autolib’ s’arrête, de nombreuses interrogations subsistent donc quant au coût final de cette opération pour la Ville de Paris, mais aussi par rapport à l’avenir des salariés d’Autolib’ ou encore à l’utilisation des bornes qui reviendront aux communes.

Sur ces différents points, comme sur l’organisation future de l’autopartage francilien, le groupe UDI-MoDem souhaite que la Ville de Paris fasse preuve de transparence et de concertation, deux vertus qui ont cruellement fait défaut dans la gestion passée du dossier Autolib’.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris