Paris, le 27 juin 2017

En 2015, la Ville de Paris avait annoncé et adopté  un plan vélo très ambitieux que nous avons tous soutenu. Il s’agissait non seulement de développer les circulations douces d’ici 2020, mais d’en faire un mode de déplacement efficient et attractif.

Oui le vélo, et Vélib’ y a beaucoup contribué, est entré dans la vie des Parisiens. Et c’est une très bonne nouvelle, parce que le déplacement à vélo est éminemment vertueux. Aucune pollution atmosphérique, ni sonore, ni visuelle, il n’a qu’une très faible emprise sur la voie publique et sur la chaussée. De plus, la pratique régulière du vélo entretient le physique, contribuant ainsi à la santé publique.

Mais, encore faut-il que sa pratique puisse se faire dans des conditions de sécurité et de sérénité raisonnables. Raisonnables, parce que nous sommes bien conscients de la difficulté de lui donner une place parfaite dans les rues parisiennes.

À ce jour, trois ans après le vote en grande pompe du plan vélo parisien, et après un mandat et demi pendant lesquels une communication forcenée a été orchestrée autour de Vélib’, force est de constater que rouler à Paris en vélo n’est pas facile, et pire, est dangereux.

Il faut être cycliste régulier pour pouvoir le dire. Je le suis, et j’affirme que ma pratique quotidienne du vélo n’a pas été rendue  plus apaisée. 

Pourquoi ?

Tout d’abord à cause du manque de vision métropolitaine. Franchir une porte de Paris est une gageure, comme par exemples les portes de Choisy ou d’Italie, avec une rupture au niveau de l’avenue d’Ivry.

Ensuite parce que le franchissement de certaines grandes places ou carrefours de Paris relève de l’inconscience : l’Etoile, la Concorde, l’Opera, Denfert-Rochereau, d’Italie, le carrefour des Gobelins…

Mais aussi parce que les pistes cyclables sont trop souvent occupées par des livreurs, ou coupées par des piétons.

Enfin parce que l’état de la chaussée ne cesse de se dégrader et devient extrêmement accidentogène. 

Tout cela réuni rend en réalité la circulation cycliste de moins en moins douce et de plus en plus anxiogène. Pour passer du vélo bobo au vélo utile, les quelques aménagements réalisés ou en cours sont nettement insuffisants. Le réseau express vélo et l’essentiel des grands projets structurants en sont encore au stade des études, voire de la programmation.

Selon l’observatoire du plan vélo, créé par l’association Paris en selle, seulement 12% environ des infrastructures cyclables prévues dans ce plan sont aujourd’hui en service. Plus grave, un tiers de ces nouveaux équipements ne serait pas satisfaisant.

Au mois d’avril dernier, la Maire annonçait encore que le plan vélo serait réalisé à 80 ou 90% d’ici la fin de la mandature. Après avoir annoncé encore récemment que Autolib’ était un succès, que Vélib’ survivrait, la politique des mobilités de la Ville de Paris, à 2 ans de la fin de mandature, se résume à un immense échec conforté par des postures idéologiques, un manque total de pragmatisme et sûrement, pour ce qui concerne le vélo, d’un minimum de pratique. 

Bien entendu nous continuerons de soutenir le plan vélo mais nous ne laisserons plus la communication entretenir un gros mensonge qui fait fi de la sécurité des cyclistes. 

 

Edith Gallois

Vice-Présidente du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseillère de Paris (13ème)

Secrétaire nationale de l’UDI en charge des transports