Paris, le 20 juin 2018

C’est désormais une règle de bon sens, toutes les villes qui veulent diminuer la pollution en augmentant la fluidité dans la circulation, tous modes de transports confondus, doivent jouer sur un partage intelligent et équilibré de l’espace public.

La fin programmée d’Autolib’ révèle un état d’esprit municipal qui tend à délaisser la notion de véhicules individuels, y compris en autopartage. Alors que les investissements pour les pistes cyclables ou les autres aménagements pour vélos sont massivement mis sur la table, le service Autolib’ a été complètement abandonné par la Ville de Paris et par le syndicat mixte Autolib’ Vélib’ métropole, conduisant à la situation actuelle.

Quand un industriel prend des risques, il est tout à fait nécessaire de l’écouter quand il alerte sur les difficultés rencontrées et les déficits à venir. Or, la Ville de Paris a une grande part de responsabilité dans cet échec, car elle a plutôt gêné le fonctionnement et le développement d’Autolib’ qu’elle ne l’a favorisé. Il est donc incompréhensible que soit prise cette décision hâtive d’annoncer la fin d’Autolib’, motivée par des impératifs de communication, de la part de la Mairie de Paris et de la Présidente du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole. Il serait au contraire préférable de réfléchir autrement, afin d’améliorer le service actuel, plutôt que de tout détruire d’une simple signature.

Un système municipal d’autopartage reste un service utile et nécessaire, qui mérite des investissements et plus d’accompagnement, pour améliorer la question des mobilités propres à Paris, la lutte contre la pollution et un partage de l’espace public équitable et raisonné. Il est impératif que les élus parisiens puissent s’exprimer sur une telle décision qui ne doit pas se prendre au détour d’une réunion confidentielle.

 

Yves Pozzo di Borgo

Conseiller de Paris

Conseiller du 7ème arrondissement