Paris, le 25 mai 2018

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris s’interroge sur la nature réelle de la votation citoyenne sur le Plan Climat parisien, qui débute aujourd’hui. Plusieurs problèmes sont soulevés par cette initiative, tant dans ses principes que dans ses conditions d’organisation, qui rendent cet exercice plus proche d’une opération de communication pouvant mener à toutes les instrumentalisations possibles, que par une réelle innovation démocratique.

Quelle est l’utilité de cette votation citoyenne ? Le Plan Climat Air Énergie de Paris a déjà été adopté deux fois à l’unanimité par le Conseil de Paris, tandis que le Plan Climat Air Énergie de la Métropole du Grand Paris a lui aussi été adopté à l’unanimité par le conseil métropolitain, rendant donc cette votation inutile dans le processus de décision. L’affirmation que les Parisiennes et les Parisiens sont invités à valider par « oui » ou par « non », à savoir « Je soutiens le Plan Climat Air Energie », ne porte que sur une formulation vague et globale, et seule une dizaine de mesures sur les 500 du Plan seront présentées à l’occasion du vote.

Si l’objectif de la votation consistait à « sensibiliser les citoyens à l’urgence climatique », une meilleure stratégie de communication en bonne et due forme aurait probablement été plus efficace.

Quelle est la crédibilité de cette votation citoyenne ? En réalité, le véritable enjeu pour la Maire de Paris réside dans le nombre de votants. Or, cette votation n’apporte aucune garantie en termes de contrôles aussi bien sur les votes multiples que sur la possibilité pour des non-parisiens de voter. En effet, aucun justificatif de domicile, ni même de déclaration sur l’honneur, n’est demandée au moment de l’inscription sur le site internet pour voter. Ces risques importants d’insincérité du scrutin font perdre toute crédibilité aux résultats de cette votation avant même qu’ils ne soient rendus.

Quelle est la légitimité de cette procédure ? Une grande partie des mesures de ce Plan Climat auront des impacts qui dépasseront largement les frontières du périphérique. Il aurait été plus légitime d’organiser une telle votation à l’échelle métropolitaine. Cela aurait permis par ailleurs de mieux faire coïncider les objectifs des Plan Climat parisien et métropolitain, qui ne partagent actuellement pas le même calendrier sur certains objectifs majeurs, comme la fin de la circulation des véhicules thermiques. Paris prévoit cette échéance en 2030 dans son enceinte, tandis que la Métropole a fixé cet objectif à l’horizon à 2050.

Quels sont les moyens, humaines, logistiques, et donc financiers, pour organiser cette votation dont on peine à voir l’utilité, la crédibilité et la légitimé ? Plusieurs dizaines de vacataires ont été formés et mobilisés pendant plusieurs jours, et de nombreux lieux de vote seront présents, dans la rue, les collèges ou encore les lycées, sans compter la mise en place d’une plateforme de vote par internet. Or, le Conseil de Paris n’a jamais été consulté ou informé des moyens mis en œuvre pour organiser cette votation, ni de son coût final. C’est le sens du vœu que le groupe UDI-MoDem déposera lors du Conseil de Paris qui débutera le 4 juin prochain, demandant un bilan financier détaillé de cette votation.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris