Paris, le 18 mai 2018

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris soutient la proposition du Ministre de l’Intérieur de trouver une solution partenariale entre l’État et la Ville de Paris, pour résoudre le problème insupportable des campements sauvages dans la capitale, et appelle la Maire de Paris à saisir cette main tendue.

Dans cette situation, aucune position, aucune attitude, n’est plus humaine ou moralement recevable qu’une autre. Seul l’immobilisme est coupable. La responsabilité de chacune des parties intervenantes, dans le respect de la loi, doivent imprégner communément la mise en place d’un tel partenariat entre la Ville de Paris, la Préfecture de Police et le Ministère de l’Intérieur.

Il est donc indispensable de prendre de toute urgence les décisions permettant l’évacuation dans des conditions humaines et légales des campements sauvages du Millénaire et du Canal Saint-Martin, dans le cadre d’une coopération entre l’État, la Préfecture de Police et la Ville de Paris. Le décès récent de deux migrants, la dégradation des conditions sanitaires et plus généralement l’indignité de leurs conditions de vie s’ajoutent aux nuisances qui pèsent sur les riverains.

Dans cette problématique de l’accueil des migrants à Paris, il convient de distinguer deux situations : celle des demandeurs d’asile, et des autres, qui pour la plupart d’entre eux, transitent par la France avec comme objectif de rejoindre le Royaume-Uni.

Concernant les demandeurs d’asile, la Ville de Paris a eu une attitude digne et responsable, en mettant en place hier avec le concours de l’État le centre de premier accueil Porte de la Chapelle, dit « la Bulle », que nous avions soutenu. Aujourd’hui, l’État a pérennisé et augmenté cette prise en charge par la création de cinq Centres d’Accueil et d’Examen des Situations (CAES) en Île-de-France, dont l’un se situe Boulevard Ney, à Paris. Si ces CAES sont capables d’accueillir tous les migrants, quel que soit leur statut, dans les faits, seuls ceux qui prévoient une demande d’asile acceptent généralement d’y être hébergés.

Concernant les migrants qui refusent de rejoindre les CAES, qui relèvent généralement du règlement de Dublin, et composent majoritairement aujourd’hui les campements du Millénaire et du Canal Saint-Martin, la Ville de Paris ne peut se substituer à l’État pour décider de leurs conditions d’évacuation et n’est pas dans son rôle pour juger de l’opportunité ou non de les placer dans des centres de rétention. En revanche, il est de sa responsabilité de prendre l’arrêté municipal permettant à l’État d’évacuer ces deux campements sauvages, où la majorité des migrants sont dans une situation similaire à celle de la Jungle de Calais, démantelée fin 2016.

Le groupe UDI-MoDem souhaite donc que la Maire de Paris prenne l’arrêté municipal permettant de faire fin à l’indignité de ces deux campements sauvages.