Paris, le 17 avril 2018

Lundi 15 avril, la Cité judiciaire a officiellement ouvert ses portes, débutant ainsi une nouvelle histoire pour le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans le quartier des Batignolles, mais inaugurant également un nouvel enfer pour tous les usagers de la Ligne 13 du métro, déjà connue pour mettre à l’épreuve la patience, les nerfs, et la santé mentale des voyageurs les plus aguerris.

Après le déménagement des 1.700 fonctionnaires de la Police Judiciaire en octobre 2017, 36 rue du Bastion, c’est au tour de la Cité judiciaire, la bien nommée, de s’installer entre le boulevard périphérique, Porte de Clichy, et le boulevard Berthier, dans le nouveau quartier Clichy-Batignolles, prévue pour accueillir confortablement 9.000 personnes quotidiennement, entre :

  • les utilisateurs : magistrats, avocats, personnels de police et de gendarmerie, fonctionnaires de l’administration pénitentiaire ou d’autres administrations, personnels d’exploitation ; 
  • les usagers : prévenus libres, gardés à vue ou incarcérés, victimes, témoins, presse ;
  • le public : accompagnants, public des audiences, visiteurs, groupes scolaires, etc.

C’est donc l’équivalent d’une ville de plus de 10 000 habitants qui éclot subitement au nord-ouest de la capitale, sans que les moyens supplémentaires prévus pour s’y rendre et en repartir n’aient été développés à temps. 

L’absence flagrante de stationnement digne de ce nom au sein de la Cité judiciaire, combinée au retard pris pour le prolongement de la ligne 14, reportée à 2020, risquent ainsi de faire peser sur une Ligne 13, déjà au bord de l’asphyxie, la présence supplémentaire de milliers de voyageurs au quotidien.

Si l’on ajoute à cela, l’affluence récente de voyageurs, située à l’autre bout de la ligne, due à l’arrivée des LGV depuis Rennes et Bordeaux à la Gare Montparnasse, qui draineront 30 millions de voyageurs supplémentaires par an d’ici 2030, il s’agit là d’un véritable étau mortel pour l’exploitation de cette ligne de métro déjà saturée. 

Comment un tel manque d’anticipation des augmentations de la fréquentation de cette Ligne 13, a-t-il pu être commis ? Par qui ? Ni la Ville de Paris, ni la RATP, ni Île-de-France Mobilités ne semblent s’émouvoir de cette situation.

La ligne 13 a atteint aujourd’hui un niveau de saturation tel, qu’il devient incompatible avec une qualité de service acceptable et potentiellement avec la sécurité des voyageurs. Aux heures de pointe, les rames de métro sont surchargées, à tel point que jusqu’à 6,5 personnes cohabitent au m² à Montparnasse-Bienvenüe.

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris appelle à un audit approfondi de la Ligne 13, et à la mise en place d’un plan d’urgence de régulation des transports autour de la Cité judiciaire, avec notamment le renforcement supplémentaire des dessertes de bus qui ont d’ores-et-déjà été annoncées et l’installation prioritaire des bornes Vélib’ et stations Autolib prévues dans cette zone.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris