Paris, le 29 mars 2018

Lors du Conseil de Paris du mois de mars, l’exécutif parisien a définitivement enterré le dispositif « Prêt Paris Logement ». Une disparition discrètement orchestrée, sans tambour, ni trompette, d’un dispositif pourtant utile, mais apparemment trop éloigné de l’obsession locative de la Mairie de Paris, qui souhaite que la capitale devienne une ville de locataires, si possible en logements sociaux.

Le « Prêt Paris logement » était un prêt à taux zéro, de 39.600 €, accordé à des ménages d’au moins deux personnes, primo accédant, sous conditions de ressources, avec un plafond de revenu fiscal de référence de 4.368 € par mois pour un couple sans enfants ou encore de 5.726 € pour un couple avec un enfant.

Désormais, pour diminuer encore le nombre d’attributions de ce prêt, la Mairie de Paris a décidé de limiter ces prêts aux seuls logements dont le diagnostic de performance énergétique correspond aux critères A, B ou C. Ceci correspond à des appartements ayant une consommation de 150 kilowatt par heure d’énergie primaire, par m3 et par an. Rien que ça ! En d’autres termes, il s’agit dans la plupart des cas de logements très récents ou neufs, dont le prix de vente au m² est souvent bien-au-delà des capacités d’emprunt des ménages éligibles au « Prêt Paris Logement ».

En multipliant, au fil des ans, des critères de plus en plus sélectifs, éliminatoires, c’est moins de 5% des offres de logement qui  correspondent au « Prêt Paris Logement ».

Ce dispositif, dont les financements avaient déjà été divisé par 10 de 2012 à 2018, passant de 20 millions à 2,2 millions d’euros, était la dernière chance pour des ménages de classe moyenne de pouvoir espérer acquérir les quelques opportunités immobilières qui peuvent encore apparaitre épisodiquement dans certains quartiers de la capitale, grâce à ce prêt complémentaire parfois déterminant pour des dossiers de prêt bancaire bouclés au cordeau.

La Ville de Paris supprime de fait ce dispositif, fermant définitivement l’accession à la propriété aux classes moyennes, dont les ressources sont trop importantes pour demander un logement social, et trop modestes pour obtenir un prêt bancaire pour un premier achat immobilier.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris