Paris, le 15 mars 2018

La question de l’ouverture des commerces le dimanche répond à deux objectifs. Un premier enjeu d’attractivité touristique de la capitale, le shopping étant devenu une activité touristique à part entière.  Le deuxième enjeu concerne l’adaptation au mode de vie des Parisiens, qui apprécient faire des achats le dimanche, et qui faute de commerces ouverts, se tournent vers le e-commerce.

Le groupe UDI-MoDem considère que sauter à pieds joints dans la généralisation de l’ouverture des commerces le dimanche sans avoir suffisamment de recul, c’est prendre le risque de trébucher sur un sujet d’une importance capitale.

En débattre aujourd’hui, avant même que le rapport de l’Observatoire des ZTI (Zones Touristiques Internationales) sur l’année 2017 ne soit paru, revient à préempter un débat qui devra porter sur des données précises, fiables et objectives d’une année importante, 2017 marquant en effet le retour des touristes à Paris  et les accords syndicaux dans plusieurs Grands Magasins. Ce rapport permettra également d’avoir plus de recul sur la satisfaction des commerçants et sur les nouvelles habitudes de consommation des Parisiens, mais aussi des données précises en termes de chiffres d’affaires et de créations d’emplois.

Mieux vaut partir à point, car les résultats de ce rapport peuvent mener à différentes options. Celles-ci peuvent s’échelonner du gel de la situation actuelle (11 zones touristiques internationales), à la création d’une Zone Touristique Internationale sur tout Paris, en passant par des solutions intermédiaires, comme la création de zones commerciales supplémentaires, comme dans le quartier Olympiades, ou l’extension de zones touristiques internationales actuelles, afin de pallier les lacunes actuelles. On peut imaginer aussi  l’idée d’avoir au moins une zone ouverte le dimanche par arrondissement parisien, ou encore de les faire coïncider aux zones piétonnes « Paris Respire ».

La Maire de Paris, en changeant radicalement d’avis sur cette question, ne rend pas service à un débat qui a trop souvent été dénaturé par des postures idéologiques, là où le bon sens, appuyé sur des données objectives et précises, doit prévaloir.

Attendons d’avoir les cartes en main, pour que ce débat soit appuyé sur des faits, et non sur des prévisions au doigt mouillé et des oppositions « a priori » cachées sous un empirisme de façade.

Pour le groupe UDI-MoDem, le timing annoncé par Bercy en novembre dernier, qui prévoyait une évaluation en septembre 2018, semble être raisonnable et souhaitable.

 

Anne Tachène

Conseillère de Paris (15è arrondissement)

Conseillère métropolitaine du Grand Paris