Paris, le 23 janvier 2018

 La décision du Premier Ministre d’annuler la candidature de la France à l’organisation de l’Exposition Universelle en 2025 est un camouflet pour l’ensemble des acteurs, publics comme privés, qui se sont mobilisés pendant des années pour faire de cette belle idée une candidature solide et attractive.

Sur la méthode, je regrette tout d’abord que la concertation, mise en avant par le Gouvernement sur de nombreux dossiers, n’ait ici pas prévalu. Nombreux sont les élus et partenaires privés de cette belle candidature, à ne pas comprendre cette décision, alors qu’ils ne manquaient pas d’arguments pour rassurer les éventuelles inquiétudes du Premier Ministre.

La Maire de Paris Anne Hidalgo, est également, me semble-t-il, en partie responsable de cette décision regrettable, ne soutenant ce beau projet que de manière sporadique et du bout des lèvres. Son absence à Astana au Kazakhstan, à l’occasion de la dernière Exposition Internationale, avait été remarquée, tandis que les autres candidatures y effectuaient un lobbying intense et efficace.

Accueillir à la fois l’Exposition Universelle et les Jeux Olympiques et Paralympiques semblait non seulement possible, mais de surcroît souhaitable pour le rayonnement de la France, celui de sa vivacité sportive comme de son intelligence collective. Un esprit dans un corps sain, voilà qui aurait pu être un beau message transmis au monde !

Sur le fond, que d’occasions manquées pour la France et la région parisienne ! Il nous faudra donc faire une croix sur les 0,5% supplémentaires de PIB ou encore les 160.000 emplois qui auraient pu être créés grâce à l’Exposition Universelle, selon une étude du cabinet d’audit Deloitte de 2015.

Une enquête de Paris Ile-de-France Capitale Économique, association créée par la CCI de Paris regroupant plus d’une centaine de grandes entreprises franciliennes, françaises et internationales, avait également démontré que les villes ayant accueilli par le passé des expositions universelles, étaient par la suite devenues des pôles de rayonnement à l’échelle internationale et de véritables locomotives économiques pour leurs pays respectifs.

Les élus locaux, impliqués dans ce projet, attendent donc dorénavant du Premier Ministre qu’il sursoie cette décision regrettable et qu’il ne prenne une décision définitive qu’après avoir consulté l’ensemble des acteurs publics et privés investis dans ce projet.

 

Yves Pozzo di Borgo

Conseiller de Paris

Conseiller du 7ème arrondissement