Paris, le 23 janvier 2018

Il y a moins d’un mois, le 9 janvier, la Seine a connu un pic de crue à 4,04 mètres.

Aujourd’hui, cette précédente crue et les fortes pluies du mois de janvier, poussent une nouvelle fois la Seine à sortir de son lit, avec des prévisions d’une hauteur minimale de 5,7 mètres mercredi 24 janvier, approchant ainsi du niveau de la crue de juin 2016, avec ses 6,10 mètres, et qui avaient commencé à paralyser certaines lignes de transports en commun, et à provoquer plusieurs dommages matériels.

Les épisodes de crue se suivent et se succèdent. Et si nous n’avons pas encore suffisamment de recul pour en être certains, le changement climatique et l’imprévisibilité de ses conséquences peuvent être un facteur aggravant du nombre de crues que risque de connaître la capitale dans les années et décennies à venir.

Il est donc, plus que jamais, urgent, que les pouvoirs publics cessent cette politique de l’autruche qui consiste à ne mettre les moyens que sur la gestion de l’urgence, et jamais sur les investissements nécessaires permettant de prévenir une partie des dommages astronomiques que coûterait une nouvelle crue centennale, comme Paris en a connue en 1910. 

Depuis plus de 15 ans, une solution, partielle, existe pourtant : le projet de barrages-réservoirs de La Bassée, élaboré en 2001 par l’institution des Grands Lacs de Seine. Ce projet permettrait, selon les estimations de stocker 55 millions de m3 d’eau et ainsi de réduire de 30% les dommages dus à une crue de type 1910. Pourtant, les pouvoirs publics continuent de faire la fine bouche face au coût de cet investissement, 500 millions d’euros, alors même que l’OCDE a estimé les dégâts directs d’une crue centennale à hauteur de 40 milliards d’euros, à l’échelle du Grand Paris !

Les exécutifs successifs de la Ville de Paris, de la Région Ile-de-France, de l’État, et des autres collectivités concernées, n’ont semble-t-il jamais pris au sérieux cette menace d’une crue centennale. Il faut à présent que les mentalités changent, face à l’imminence d’une crue de ce type !

La Ville de Paris, la Métropole du Grand Paris, la Région Ile-de-France, l’État et les départements, doivent d’urgence ce mettre autour de la table pour lancer ce vaste chantier des barrages-réservoirs de La Bassée, qu’il devient de plus en plus urgent à mettre en œuvre.

Par ces diverses crues rapprochées, et encore de hauteur moyenne, la Seine a la politesse de nous prévenir qu’une crue comme celle de 1910 est imminente. Écoutons-la avant qu’il ne soit trop tard !

 

Yves Pozzo di Borgo

Conseiller de Paris

Conseiller du 7ème arrondissement