Paris, le 12 janvier 2018

Haro sur Smovengo ! La Présidente du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole et la Maire de Paris semblent s’être entendues à bon compte, ces derniers jours, pour charger le nouvel opérateur  de Vélib’ et lui confier intégralement la responsabilité du fiasco du déploiement du nouveau Vélib’ à Paris et dans les communes de la Métropole concernées.

Dans une interview, la Présidente du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole Catherine Baratti-Elbaz, affirme en effet que « nous sommes bien conscients que notre opérateur n’est pas à la hauteur sur la continuité du service public Vélib’ ». La Maire de Paris, quant à elle, a déclaré « taper du poing sur la table » et demander l’indemnisation financière à Smovengo, prévue par la loi. Comprenez l’indemnisation de la Mairie de Paris plutôt que l’indemnisation des abonnés.

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris tient à rappeler la responsabilité de la Mairie de Paris dans cet échec, qui de bout en bout, aura pris des décisions dont les conséquences ont abouti à un service Vélib’ en cale sèche depuis plusieurs mois.

Le 9 avril 2016 est publié un avis d’appel public à la concurrence concernant le marché Vélib’ par la Ville de Paris. Parmi ces critères figurent notamment les références liées aux compétences attendues, les capacités techniques, humaines et matérielles ou encore la capacité d’investissement, mais également la capacité à maintenir une continuité de service pendant la période de transition entre l’ancien et le nouvel opérateur.

En décembre 2016, la majorité municipale décide, par un vote au Conseil de Paris sur lequel le groupe UDI-MoDem s’est abstenu, que la Ville abandonne sa compétence Vélib’ au profit du syndicat Mixte Autolib’ Vélib’, dans lequel elle possède, rappelons-le une majorité, de voix.

Le 1er avril 2017, le syndicat mixte annonce que le groupement Smovengo a été placé en tête de l’appel d’offres. Le marché a été signé le 5 mai 2017 par l’ancienne Présidente du syndicat mixte, Marie-Pierre de la Gontrie, qui a démissionné de ce poste en septembre 2017, après avoir été élue sénatrice socialiste de Paris.

C’est donc bien la Mairie de Paris qui a lancé l’avis d’appel public à la concurrence initial, et qui a géré tout le dialogue compétitif avant de transférer sa compétence au Syndicat, au sein duquel elle est majoritaire en voix. C’est donc bien la Mairie de Paris qui a conditionné de bout en bout le choix du prestataire.

Au regard de la situation d’aujourd’hui, la Ville et le Syndicat se sont clairement trompés en choisissant un prestataire dont, malheureusement, la dégradation du réseau montre aujourd’hui qu’il ne disposait ni du personnel, ni des compétences suffisantes pour mener en temps et en heures et dans des conditions efficaces, le remplacement et le déploiement du nouveau Vélib’. La Maire de Paris s’est targuée, dans ses vœux aux conseillers de Paris, que le marché Parisien et métropolitain était le plus gros marché de vélos en libre-service au monde. Il est donc d’autant plus étonnant,  alors, d’attribuer ce marché à une petite start-up dont la plus grosse expérience passée fut pourtant celle de Moscou, qui ne comportait que 150 stations, un nombre bien inférieur aux 1400 stations prévues dans un premier temps dans Paris et la métropole.

La Maire de Paris aura beau taper du poing sur la table et multiplier les effets de manche pour tenter de se dédouaner de son écrasante responsabilité dans ce fiasco, les Parisiennes et les Parisiens ne sont pas dupes.

Le choix de Smovengo, adossé à un consortium atypique de sociétés, Indigo, la société catalane Movienta et la société Mobivia, se révèle jusqu’à présent être un choix inopérant et catastrophique pour les abonnés. Ce changement d’opérateur, de la procédure d’attribution du nouveau marché en passant par les principales caractéristiques du cahier des charges, jusqu’à l’équilibre économique du futur contrat, relève d’une improvisation douteuse. Au mieux, c’est une faute, au pire, c’est toute la procédure d’attribution qu’il faudra remettre en cause, et sur laquelle il faut faire toute la transparence.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris