Paris, le 4 janvier 2018

Ce jeudi 4 janvier, à midi, le site internet de Vélib’ annonce 62 stations opérationnelles à Paris, soit à peine 6% du nombre total de stations prévues à terme dans la capitale, et à peine plus de 10% des 500 stations prévues à l’origine pour fonctionner dès le 1er janvier 2018. Pour les usagers de Vélib’, l’année 2018 commence aussi mal que ne s’était terminée l’année 2017.

La Présidente du syndicat mixte Autolib’-Vélib’ Métropole, Mme Catherine Baratti-Elbaz, par ailleurs maire socialiste du XIIe arrondissement, a annoncé la tenue la semaine prochaine d’une réunion consacrée à une amélioration des compensations pour les usagers Vélib’, suite à ce fiasco, reprenant par là une demande répétée depuis plusieurs mois par le groupe UDI-MoDem.

Le groupe UDI-MoDem demande à nouveau au syndicat mixte que tout abonnement pris jusqu’au 31 décembre 2017 soit gratuitement prolongé d’une durée de 6 mois, pour les abonnements aux vélos « traditionnels ». Cette proposition d’un prolongement de l’abonnement a été validée par le Conseil de Paris suite à un vœu de notre groupe en novembre dernier, et il serait temps que la Ville de Paris respecte cet engagement.

Ce retard intolérable est le prix à payer pour les erreurs de gestion de ce dossier par la Ville de Paris, véritable chronique d’une catastrophe annoncée depuis juillet 2016 par le groupe UDI-MoDem.

Dès le conseil de Paris de juillet 2016, le groupe UDI-MoDem avait alerté l’exécutif parisien sur les risques d’interruption du service, eu égard aux travaux colossaux d’infrastructure à engager en cas de changement d’opérateur pour le Vélib’. Ces inquiétudes, renouvelées en avril, puis en septembre 2017, ont a chaque fois rencontré un engagement ferme de l’adjoint chargé des transports qu’il n’y aurait pas d’interruption de service.

En ce 4 janvier 2018, ces promesses en l’air se fracassent contre l’implacable mur de la réalité du service Vélib’. La moindre des choses est de proposer aux usagers lésés une compensation à la hauteur du préjudice subi, ce qui est loin d’être le cas avec la parodie de compensation, à la limite de la mauvaise blague, prévue jusqu’à présent, à savoir, 3h gratuites d’un service qui ne fonctionne pas. 

Cette situation est d’autant plus dommageable que de nouveaux acteurs de la location de vélos en libre-service profitent de ces longs mois de léthargie du réseau Vélib’ pour diffuser dans les rues leurs propres vélos, taillant les croupières d’un service Vélib’ déjà fragile financièrement. Au bout du compte, c’est tout l’équilibre financier de Vélib’ qui risque d’être mis par terre, et la Ville de Paris risque de devoir compenser plus encore un service qui coûte déjà entre 12 et 15 millions d’euros par an. Si l’on ajoute les pathétiques échecs du marché de l’affichage publicitaire, qui était auparavant corrélé au marché Vélib’, ces deux loupés risquent de coûter près de 100 millions d’euros par an à la Ville de Paris.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris