Paris, le 12 octobre 2017

En annonçant l’interdiction de tous les véhicules à moteur thermique dans Paris à l’horizon 2030, la Maire de Paris persiste à entretenir la confusion entre les objectifs et les moyens d’une politique de réduction de la pollution atmosphérique à Paris.

Si réduire la pollution atmosphérique en supprimant les véhicules diesel et à essence est un objectif de santé publique majeur, la Maire de Paris continue à confondre objectifs, calendrier, vitesse et précipitation.

Si le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris partage les objectifs de réduction de la pollution atmosphérique, et ainsi des véhicules individuels polluants, nous considérons qu’il est vital de sanctuariser la liberté de circulation, y compris individuelle, quand elle remplit les critères d’exigence environnementale définis par la COP21.

Aujourd’hui, le « bordel » organisé des embouteillages à Paris ne favorise ni les voitures hybrides ou électriques, ni les autolib’, encore moins les bus, dont les usagers, au lieu d’être récompensés par une diminution de la pollution, se retrouvent punis par des choix qui relèvent plus de l’idéologie que du pragmatisme.

Les différentes mesures, au coup par coup, égrenées depuis 2014, piétonisation des berges rive droite, extension des zones 30, plan vélo, réduction du stationnement en surface, interdiction du diesel dans la capitale en 2020 (ou 2024, selon de récentes déclarations…), et à présent, interdiction des véhicules à essence en 2030, semblent plus s’inscrire dans le calendrier électoral personnel et le positionnement politique de la Maire de Paris, plutôt que dans une quelconque cohérence chronologique et dans une concertation à la seule échelle qui vaille, celle de la métropole parisienne.

Plutôt que de réunir autour de la table les grandes métropoles membres du C40 et constructeurs automobiles, pour leur demander de mettre dès à présent en œuvre la création du véhicule citadin propre de demain, afin d’adapter les politiques publiques de déplacement aux réelles possibilités technologiques des décennies à venir, la Maire de Paris préfère que chaque mise en œuvre de ses projets soit guidée par une arrière-pensée politique, qui prend souvent la forme d’une marche forcée dont le tempo est rythmé par un calendrier politique à échéances électorales.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris