Ces comptes administratifs 2016 auraient pu prendre l’allure d’une fable, qu’on aurait voulu faire croire à tous les Parisiens, intitulée : Anne et la vache à lait.

Enfermé depuis le début de la mandature dans les contraintes classiques de la baisse des dotations réduites de moitié par rapport à 2010, et la multiplication par six des dépenses de péréquation, le budget parisien est plus que jamais sauvé financièrement par la traite de la toujours généreuse vache à lait immobilière parisienne.

On peut d’ailleurs parfaitement identifier les 4 trayons de la mamelle immobilière mise à contribution.

Pis n°1 : Les droits de mutation. Déjà dénoncé par la Chambre Régionale des Comptes, les comptes administratifs 2016 confirment l’addiction du budget parisien à l’augmentation constante des droits de mutation, au maximum de leur fiscalité, sur un volume croissant.

Pis n°2 : Le financement par la dette du logement social. La boulimie de la Ville de Paris pour le logement social, outre qu’elle entretient les tensions sur le marché immobilier privé par son appétit insatiable, n’a pas de limite. La politique de la surenchère sur les objectifs de la loi SRU, faisant passer à 30% au lieu de 25% la part de logements sociaux dans le parc immobilier parisien, a amené la Mairie de Paris à pratiquer toutes les formes d’acquisition ou d’appropriation immobilière. Du conventionnement du parc de logements intermédiaires à la préemption simple, puis la préemption dans le diffus, de l’immeuble vendu à la découpe à la chambre de bonne du 16ème arrondissement, en passant bientôt par la captation systématique des viagers parisiens, il ne manque plus à la Mairie de Paris que de dégainer la réquisition et l’expropriation. Cette frénésie d’acquisition, tous azimuts, finira par se heurter non seulement à une véritable vision métropolitaine des problématiques du logement à Paris, mais également à un principe de lucidité et de réalisme économique simple, celui d’un emballement phénoménal de la dette parisienne, d’au moins 500 millions d’euros par an.

Pis n°3 : Les loyers capitalisés. Les comptes administratifs 2016 confirment également l’insincérité de ce budget, qui n’est parvenu à trouver l’équilibre qu’en utilisant le subterfuge des loyers capitalisés, passés des recettes d’investissement en fonctionnement, avec la complicité des anciens locataires de Bercy, qui avaient autorisé ce tour de passe-passe comptable. Cette plaisanterie fiscale risque bel et bien d’enfin se terminer dans la mesure où il semble peu probable que Messieurs Le Maire, Darmanin et Ferrand, souhaitent reconduire cet audacieux cadeau fait par leurs prédécesseurs à la Maire de Paris, mais dénoncé par la Chambre régionale des Comptes.

Pis n°4 : La vente du patrimoine. La Ville de Paris résiste de moins en moins, année par année, à la tentation de vente des bijoux de famille patrimoniaux, de nombreux hôtels particuliers, palais et autres biens immobiliers. Ceux-ci pourraient rapporter plus de ressources sur le long terme s’ils étaient utilisés à bon escient sous forme de concessions ou de baux emphytéotiques, plutôt que de servir de bouche-trou budgétaire au coup par coup, dans l’urgence des fins d’années difficiles.

En continuant sur cette lancée d’un accroissement inédit de la dette, la stabilité de la fiscalité locale, promesse d’Anne Hidalgo pour la mandature, ne sera plus tenable après 2020. Ce seront alors les Parisiennes et les Parisiens qui seront le cinquième pis.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris