Paris, le 29 mars 2017

Depuis plusieurs années, nous assistons à des situations, illégales, de mendicité incluant des mineurs, parfois des enfants très jeunes ou des nourrissons. Aujourd’hui, ce phénomène, alarmant et dramatique, prend une toute autre tournure, car nous pouvons, chaque jour, assister, à des situations quasi inédites de mendicité d’enfants, seuls, dans le métro parisien, ou ailleurs.

Les arrêtés « anti-mendicité », limités dans le temps, permettent de suspendre temporairement l’exploitation de ces enfants en luttant contre les activités des réseaux criminels tout en mettant en exergue la nécessaire protection de l’intégrité et de la dignité des mineurs, mais ils ne sont pas suffisamment respectés et ne peuvent néanmoins constituer la seule réponse et doivent par conséquent s’articuler avec des mesures sanitaires et sociales. La Ville de Paris doit s’interroger sur l’opportunité de mettre en place ces arrêtés.

Ces drames sont de surcroît nourris par l’arrivée du Maroc par des réseaux organisés, d’enfants et d’adolescents isolés et toxicomanes, en situation de grande détresse, principalement dans le quartier de la Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement.

Comment, en France, à Paris, peut-on accepter ou tolérer ces situations ? La protection de l’enfance doit prioritairement guider l’action publique, d’où qu’elle vienne. Malheureusement, les pouvoirs publics semblent démunis face à ces phénomènes qui nous ramènent à des temps reculés. Et nombreux sont les Parisiens et visiteurs qui, témoins quotidiennement de ces situations insoutenables, se sentent impuissants, sans savoir comment agir.

Pourtant, une plateforme téléphonique de signalement de ces situations existe. Il s’agit du 119, numéro gratuit de signalement de l’enfance en danger. Nous avons proposé, par un vœu adopté en Conseil de Paris, qu’une campagne d’information et de communication soit effectuée autour de ce dispositif de signalement. Nous avons également obtenu que les élus soient informés sur cette situation, tant en termes de nombre d’enfants que de modalités d’accueil et de prise en charge effective.

Car tout signalement sera inefficace s’il n’est pas suivi des faits et d’une très grande fermeté. Fermeté à l’égard de ceux qui exploitent ces enfants, par l’application stricte de l’arrêté anti-mendicité. Fermeté à l’égard de ces réseaux qui font un commerce de honte. Fermeté également à l’égard de ceux de ces enfants, isolés ou non, qui refusent d’être pris en charge, d’un point de vue social comme sanitaire. Les lois existent, elles doivent être appliquées. Non par principe, mais dans l’intérêt notre propre humanité.

 

Yves Pozzo di Borgo

Sénateur de Paris

Conseiller de Paris (7ème).