Les plaisantes images des animaux de la ferme, au salon de l’agriculture, nous projettent tous dans un monde qui rappelle notre enfance, un monde sain, un monde gentil, un monde de détente, et de bonne bouffe.

Les Politiques y vont tous, c’est un passage obligé. 

Pourtant, ces plaisantes images, ne doivent pas nous faire oublier et je dirais même qu’elles doivent être l’occasion de nous faire prendre conscience de la difficulté d’être éleveur ou paysan en France, aujourd’hui. C’est à bon escient que j’emploie le terme de paysan et non d’exploitant agricole. 

Le paysan, c’est celui qui respecte la terre, qui la cultive, plus qu’il ne l’exploite, ou celui qui élève ses animaux, plus qu’il ne les exploite.

Là est toute la différence, et c’est ce qu’il faut défendre.

Cette question est essentielle et déterminante pour l’avenir de nos campagnes. 

Elles sont aujourd’hui désertifiées, appauvries, et  gorgées de produits phytosanitaires dangereux tant pour les récoltes que pour les récoltants.

L’agriculture française est mal gérée, est-elle aimée? Est-elle respectée? Se respecte-t-elle elle-même ?

De plus en plus d’agriculteurs et d’éleveurs veulent revenir aux bonnes pratiques. Mais le vouloir n’est pas suffisant quand la PAC y est contraire. Cette PAC qui en privilégiant les grandes exploitations, a incité à la concentration des exploitations, avec les conséquences environnementales que l’on déplore aujourd’hui, la désertification des campagnes, et le déclin agricole.

 Cette PAC n’est plus adaptée, il faut la reformer!

C’est là que le rôle des Politiques est essentiel. Il faut défendre la paysannerie française, lui rendre ses lettres de noblesse, sa dignité, son lien charnel avec une  terre cultivée et non exploitée, une terre respectée, une terre pollinisée, une terre nourricière,…

Il faut aussi contraindre ceux qui ne le font pas encore à élever les animaux dans des bonnes conditions respectueuses.

 Il faut enfin, en bout de chaine, veiller à ce que l’abattage se fasse le plus dignement possible.

Transparence et contrôle sont impératifs.

Une candidature à la présidentielle ne peut se faire,  sans que ces questions soient portées avec vigueur, et qu’une mutation majeure soit insufflée pendant cette campagne pour NOS campagnes

 

Pour conclure positivement, je dirais que cette mutation peut se faire, parce que l’on sent bien qu’elle est souhaitée par un nombre croissant d’agriculteurs,  et  l’éloignement par  certains des bonnes pratiques, ne peut se justifier que par des mauvaises orientations données par une Politique Agricole Commune inadaptée. Ce mouvement des gens de la campagne vers une agriculture plus raisonnée, plus respectueuse  de la nature, plus saine, plus digne, mieux échelonnée, est accompagné d’une prise de conscience des gens des villes que la qualité de leur nourriture, dépend  de la qualité de leur  travail.

 Eh oui, c’est toujours vrai, on  récolte ce que l’on a semé…

De même, La micro algues découverte par une société bordelaise efficace à 100% contre le mildiou en laboratoire, est peut être un grand espoir de pouvoir  remplacer à terme, les produits toxiques et mortifères contre les insectes pollinisateurs, dont on abreuve les récoltes, et donc la terre, les rivières, et les hommes! 

 Ce salon de l’agriculture 2017, à quelques semaines des élections présidentielles,  est bien plus qu’un divertissement, c’est le rappel aux politiques en campagne, qu’il y a une urgence absolue de revoir la Politique des campagnes.

 

 Edith GALLOIS

 Conseillère de Paris (13ème arrondissement) du groupe UDI-MoDem