Paris, le 17 novembre 2016

Le deuxième rapport d’étape du comité d’experts indépendant, mis en place par la Présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, chargé d’observer l’évolution du trafic en Ile-de-France depuis la fermeture des voies sur berges à Paris, est accablant pour la Ville de Paris, et tend à recouper les critiques de méthode que les centristes ont pu dénoncer, au Conseil de Paris, comme au Sénat.

En décidant de manière unilatérale la fermeture à la circulation automobile de la voie Georges Pompidou, et sans mettre en place des alternatives de circulation adéquates, préférant parier sur le mystérieux concept « d’évaporation » des véhicules, la Mairie de Paris a fait preuve d’un manque de concertation et de prise en compte de l’ensemble des communes de la Métropole et de la Région qui n’est pas acceptable. Aujourd’hui, ce deuxième rapport vient confirmer nos craintes de reports massifs de circulation sur d’autres axes routiers à Paris et en Ile-de-France.

Entre septembre 2015 et 2016, aux heures de pointes, la circulation a ainsi augmenté sur l’A86 de 16% au niveau de Vélizy et de 22% entre Thiais et Créteil, avec un pic à +28% de trafic en matinée.

Les axes parisiens ne sont pas en reste, puisque selon ce rapport, certains tronçons du périphérique parisien, en soirée, voient des temps de parcours plus longs allant jusqu’à +20%. Des augmentations de temps de parcours qui ont aussi été observées sur les quais hauts, le boulevard Saint-Germain, ou encore la rue de la Convention.

Ces conséquences rendent plus que jamais nécessaires une vision globale, métropolitaine et régionale, de la gestion des axes routiers principaux qui traversent l’Île de France et la capitale. Paris ne peut se contenter de prendre seule des décisions susceptibles d’impacter 8 millions de Franciliens.

Voilà pourquoi je me félicite de la présentation et de l’adoption par la majorité sénatoriale, à mon initiative, lors de l’examen en 1ère lecture au Sénat de la réforme du statut de Paris, d’un amendement, visant à confier à la présidence du Conseil régional la détermination des règles de circulation et de stationnement sur ces deux axes majeurs que sont les voies sur berge et le périphérique.

Nous espérons à présent que l’Assemblée Nationale, lors de l’examen de ce texte en décembre prochain, rejoindra la sagesse du Sénat sur ce point et conservera cet amendement, qui loin d’être politique, est une proposition de bon sens dans l’intérêt à la fois des Parisiens, mais aussi de l’ensemble de leurs voisins de petite et grande couronnes.

 

Yves Pozzo di Borgo

Sénateur de Paris

Conseiller de Paris (7ème arrondissement)