Paris, le 5 juillet 2016

 

Le Conseil de Paris a entériné hier la nouvelle délégation pour la gestion de la Gaîté-Lyrique, attribuée à la Société d’Exploitation de la Gaîté-Lyrique, sous la présidence de Marc Dondey.

Cet établissement, lancé 2011, dédié aux « arts numériques » n’avait pas eu le succès escompté, malgré ce qu’affirme l’exécutif parisien. En effet, alors qu’au lancement de l’établissement, l’ancienne direction prévoyait 280.000 visiteurs par an en moyenne, seuls 160.000 personnes par an se sont rendues dans cet établissement entre 2008 et 2015.

A un échec quantitatif de fréquentation, il convient d’ajouter un échec sociologique, dans la mesure où la Gaîté-Lyrique a payé pendant des années une programmation trop élitiste, trop pointue, et n’a ainsi pas rempli ses objectifs en matière de démocratisation auprès du grand public des arts numériques.

La Gaîté-Lyrique a coûté à la Ville de Paris pas moins de 33,8 millions d’euros, entre 2008 et 2015. Nous étions en droit d’attendre en retour un véritable investissement artistique à l’égard de tous les Parisiens, et non envers une minorité, qui bénéficie déjà par ailleurs, d’une offre culturelle conséquente dans divers établissements privés de la capitale.

Si le groupe UDI-MoDem salue le fait que l’exploitation de la Gaîté-Lyrique ait été confiée à un nouveau délégataire, qui semble plus soucieux d’attirer un public plus diversifié au sein de cet établissement, il regrette qu’à aucun moment n’ait été posée la question de modifier substantiellement la destination de cet édifice.

Les « arts numériques », en tant que discipline à part entière, émergente, doivent être soutenus. Mais il est illusoire de croire que leur place est au sein d’une superstructure hautement subventionnée. A l’inverse, la Gaîté-Lyrique pourrait être le lieu de toutes les pratiques culturelles numériques déjà prisées par de nombreux publics, ou disposant d’un grand potentiel, en direction des pratiques artistiques amateurs nouvelles, rendues possibles par le développement du numérique : Autoédition, e-sport, films d’animation, impression 3D,  podcasts et diffusion en ligne de différents supports traditionnels : musique, bande-dessinées, courts-métrages… Un nouvel écosystème culturel que la municipalité doit accompagner de façon plus offensive.

Le groupe UDI-MoDem souhaite cependant bonne chance au nouveau délégataire de la Gaîté-Lyrique, et espère néanmoins qu’il réussira son pari, qui court jusqu’en 2022. Mais nous serons vigilants à ce qu’en cas de nouvel échec, la Mairie de Paris d’alors prenne ses responsabilités et les décisions qui s’imposeront. En tout cas, nous prendrons les nôtres.