Paris, le 1er juillet 2016

La réunion organisée ce matin par l’exécutif sur le design des futurs kiosques aurait pu être l’occasion d’une vraie remise à plat suite aux levées de boucliers, légitimes, à l’encontre du remplacement des kiosques traditionnels par de véritables conteneurs standardisés version Tupperware.

Au lieu de cela, ce fut 1h30 de discussions stériles, une bataille de chiffonniers sur la couleur des kiosques, le choix des matériaux, entre petits et grands modèles, sans jamais remettre en cause le parti pris de rupture avec l’architecture traditionnel du kiosque parisien.

Considérant que ce n’est pas dans l’adaptation ou l’ajustement d’un mauvais projet que l’on fait un bon projet, et sans remise en cause de ce choix de rupture de style voulu par l’exécutif, le groupe UDI-MoDem a quitté une réunion, qui tenait plus de l’auto justification ou de l’auto déculpabilisation afin d’entraîner l’opposition comme cogestionnaire de son erreur, plutôt que de nous offrir une vraie opportunité de changer de projet. 

Le kiosque est à la rue ce que la cabane est au jardin. C’est un lieu de plaisir, une source fraîche d’information, un point de rendez-vous, un croisement, pour tous les Parisiens, un refuge pour le touriste ou le passant égaré, et enfin, un agent économique et un employeur. Le kiosque parisien actuel est également constitutif du paysage urbain de la capitale et participe à l’identité de la plus belle ville du monde.

L’enjeu de modernisation et la recherche d’une nouvelle ergonomie des kiosques au bénéfice des kiosquiers étaient parfaitement compatibles avec le respect du style historique de l’architecte Gabriel Davioud, héraut du mouvement de l’éclectisme architectural sous Napoléon III. Considérer que ce style est passéiste et qu’il faut le jeter à la poubelle, a conduit à ce que les nouveaux kiosques ressemblent à des poubelles.

Le groupe UDI-MoDem, qui n’avait pas voté la délibération arguant notamment de cette rupture de style, n’est pas partie prenante de la Commission d’appel d’offres et n’avait pas demandé cette réunion de « rattrapage ». Le groupe UDI-MoDem se refuse de continuer à participer à cette mascarade et à cette destruction volontaire d’une partie de l’ambiance de Paris par un exécutif qui reste le seul donneur d’ordres.

Après la disparition de la plupart des colonnes Morris en 2006, la majorité continue sa stratégie de destruction de l’identité urbaine parisienne, pour mieux la standardiser aux normes esthétiques globalisées. Les édicules Guimard, ces entrées de métro style art nouveau si caractéristiques de Paris, ou les fontaines Wallace doivent à présent trembler dans leurs fondations en se demandant quand viendra leur tour d’être mis aux oubliettes du paysage parisien.

 

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème)

Conseiller de la Métropole du Grand Paris