Paris, le 15 juin 2016

Les nombreuses et scandaleuses dégradations commises hier dans les rues de Paris par des casseurs à l’occasion de la manifestation contre la loi Travail,  ne doivent pas rester impunies. Je condamne fermement ces violences, qui sont devenues au fil des manifestations contre la loi El-Khomri tristement habituelles.

Alors que les dégradations commises à l’encontre de l’hôpital Necker- Enfants malades ou encore l’Institut des Jeunes aveugles ont soulevé de nombreuses indignations plus que légitimes, et que l’AP-HP a prévu de porter plainte, la Maire de Paris, dans un communiqué condamnant ces violences, a affirmé que la Ville se « réservait le droit de porter plainte », « en fonction de l’importance » de ces atteintes.

Ce sont en effet des dizaines d’abribus brisés, des revêtements en goudrons ou en pavés désossés pour servir de projectiles aux casseurs, lancés à l’encontre des forces de l’ordre, poubelles incendiées, ou encore certaines rues ou boulevards dont les murs ont été intégralement tagués, que la Ville de Paris va devoir réparer et nettoyer, notamment dans les 6e, 7e, 14e et 15e arrondissements. A ce titre, le 7ème arrondissement, et notamment l’esplanade des Invalides, est encore une fois le terrain de violences et de dégradations de la part de tels casseurs. Cela fait de trop nombreux mois que le 7ème arrondissement paie pour ces agissements qui doivent être plus durement sanctionnés. Cela doit cesser.

J’appelle la Ville de Paris à ne pas tergiverser et à porter plainte pour les dégradations commises sur son mobilier urbain, et ce quelle que soit l’importance du préjudice subi.

Je souhaite également qu’un tel dépôt de plainte soit systématiquement effectué par la Ville en cas de dégradations du mobilier urbain, quelle que soit la nature de la manifestation ou du rassemblement au cours duquel, ou en marge duquel, ces dégradations ont été commises. De précédentes manifestations contre la Loi Travail, mais aussi des violences en marge du rassemblement Nuit Debout Place de la République, avaient déjà occasionné d’importantes dégradations, mais aucune plainte n’avait alors été déposée par la Ville.

Outre le patrimoine urbain géré par la Ville, ce sont également plusieurs dizaines de vitrines de magasins, restaurants, cafés, banques, laboratoires d’analyses médicales, qui ont été brisées, une voiture de la RATP et deux Autolib’ qui ont été incendiées. Si la décision de porter plainte pour ces dégradations spécifiques n’incombe pas à la Ville de Paris, celle-ci doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter et appuyer les démarches des commerçants, auprès des compagnies d’assurance et de la justice, afin qu’aucun d’entre eux ne soit lésé.

 

Yves Pozzo di Borgo

Sénateur de Paris

Conseiller de Paris (7ème arrondissement)