Paris, le 9 juin 2016

A la veille de l’ouverture de l’Euro 2016, la CGT nous joue à Paris un remake de « Main basse sur la Ville ». Après la grève dans les transports ferroviaires, les transports aériens, et celle des centres d’incinération, voici venir celle des éboueurs.

Depuis plusieurs jours déjà, de nombreuses rues de Paris rivalisent à qui aura la plus haute montagne de déchets, grâce à la grève décidée unilatéralement par la CGT, qui bloque différents garages où sont stockés les camions-bennes, afin de s’opposer à une Loi Travail qui ne les concerne pourtant même pas !

Paris devient ainsi, aux yeux des milliers de touristes venus assister à l’Euro 2016, la « poubelle ville du monde », sans compter les risques sanitaires importants auxquels sont déjà confrontés les nombreux riverains impactés par ces amoncellements d’immondices.

La propreté et le ramassage des déchets sont des enjeux bien trop importants pour être confiés à l’irresponsabilité d’une minorité. D’autant plus que les chiffres ne confirment en rien la nécessité de maintenir ce monopole public. Bien au contraire.

En 2013 déjà, la Chambre Régionale des Comptes d’Ile-de-France évaluait le taux d’absentéisme des agents de collecte des déchets de la Ville à 12,5%, chiffre sans commune mesure avec celui des autres catégories de personnels de la Ville, notamment en ce qui concerne les « absences injustifiées ». 

Dans le même temps, le coût moyen de la collecte, par tonne de déchets, était de 12€ plus cher pour les ordures ménagères, et 143€ pour les déchets recyclables, dans les arrondissements desservis par une collecte publique, par rapport à ceux qui bénéficient d’une collecte privée.

Pour les 10 arrondissements gérés par le privé, ça marche, pour les 10 arrondissements gérés par le public, rien ne va plus ! Aussi, la question de la privatisation du ramassage des déchets doit légitimement être posée en termes d’efficacité et de rationalité. Je demande à ce que ce débat puisse être ouvert, sans langue de bois.

Les Parisiens payent chaque année une lourde taxe de ramassage des ordures ménagères : ce service vital et essentiel se doit donc d’être irréprochable. 

 

Eric Hélard

Vice-président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (16ème)