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Il aura fallu plus de 30 ans pour qu’enfin, l’Etat, la gauche parisienne et la plupart des groupes politiques du Conseil de Paris, se rallient à la proposition de bon sens de création d’un pouvoir de police municipale à Paris, défendue depuis des décennies par les conseillers de Paris et parlementaires centristes.

En l’état actuel des choses, le groupe UDI-MoDem estime que le projet de réforme du statut de Paris, qui prévoit notamment la récupération des pouvoirs de police du Maire de Paris, est une première étape qui va dans la bonne direction: celle de supprimer une exception faisant de Paris la seule ville en France où les pouvoirs de police du maire sont largement confisqués par le Préfet de Police.

Bien que la Maire de Paris se refuse encore de parler de “police municipale”, préférant les termes plus ambigus de “brigade consacrée à la tranquillité et à la sécurité de l’espace public”, de “police du quotidien”, de “brigades vertes” ou encore de “police des quartiers”, il s’agit bel et bien d’un embryon de police municipale parisienne qui devrait voir le jour en 2016.

En regroupant sous son autorité 1848 agents de surveillance de Paris (ASP), 650 inspecteurs de Sécurité de la Ville de Paris (ISP), 200 agents d’accueil et de surveillance des équipements municipaux, 150 médiateurs correspondants de nuit, et en annonçant cette semaine la création de 30 postes supplémentaires consacrés à la tranquillité et à la sûreté de l’espace public, auxquels s’ajoutent 165 caméras de vidéoprotection supplémentaires déployées en 2016, la Maire de Paris ne peut plus nier l’évidence de la mise en place d’une force municipale, que nous appelons de nos vœux depuis 30 ans, chargée de la sûreté, de la salubrité et de la propreté à Paris.

Ces agents seront bien chargés de verbaliser les incivilités de toutes natures, nuisances sonores, troubles de voisinage, tapages nocturnes, rixes, vols, mendicité agressive, dégradations, occupations illégales des espaces communs, pollution de l’espace public, protection de l’environnement, sûreté et propreté de la voirie, éclairage, nettoiement, enlèvement des encombrants…

Enfin, le groupe de travail sur la réforme du statut de Paris s’est prononcé à l’unanimité, me semble-t-il, sur une volonté des élus de Paris de redonner une autorité totale au Maire de Paris sur la circulation et le stationnement, comme le prévoit le droit commun des collectivités, sans “veto” du Préfet de Police de Paris.

Si cette réforme voit le jour, c’est près de 3000 agents municipaux qui seront, selon les termes d’Anne Hidalgo, “mis ensemble dans une organisation cohérente”, sur des compétences et des pouvoirs de police municipaux récupérés.

Il faut appeler un chat un chat !

La pudibonderie politique, qui consiste à ne pas donner leur nom aux évidences, alors que non seulement elles s’imposent à nous, mais que nous en sommes les organisateurs, doit laisser la place à une expression franche, déterminée: la nécessité d’installer à Paris une police municipale.

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de Paris (14ème) et métropolitain