© Henri Garat/Mairie de Paris

Depuis 13 ans que la gauche parisienne est dans l’exécutif, la pollution est annoncée comme la priorité des priorités. Les pics record de pollution que nous avons récemment connus sont la triste preuve que la Politique antipollution menée n’a pas été efficace.

Depuis 2001, la vérité, c’est que cette majorité a laissé circuler les plus gros pollueurs en toute impunité dans Paris, n’importe quel jour de la semaine et à toute heure de la journée: camions, cars et bus a diesel, alors que pendant tout ce temps 194 autres villes dans 9 pays européens mettaient en place des «Zones à basses émissions» (Londres, Berlin, Stockholm, Lisbonne Naples, Milans, Amsterdam,…)

Les pics records de pollution que nous avons récemment connus sont la triste preuve que la Politique antipollution menée n’a pas été efficace.

Anticipant la loi de transition énergétique de Ségolène Royal, qui permettra la création de «Zones à basses émissions» afin d’y restreindre la circulation en n’y autorisant que certains types de véhicules, Anne Hidalgo présente un plan municipal dans la précipitation. Ces zones à basses émissions: une autre appellation pour les ZAPA prévues depuis le mois de juillet 2010 par le Grenelle 2 de l’environnement. Les fameuses ZAPA, soutenues par la droite et le centre, que pendant la campagne municipale Anne Hidalgo avait déclaré vouloir zapper. Les revoici donc sous un autre nom. Mais que de temps perdu!

Paris, est donc à la remorque des autres villes européennes. Il y a véritablement urgence. Mais urgence ne doit pas signifier précipitation. Elle impose au contraire le devoir de réussir. C’est-à-dire avec pragmatisme, concertation et avec une vision métropolitaine. Ce plan de lutte contre la pollution doit être le bon, parce qu’il y va de notre santé. En mars 2014, l’organisation mondiale de la santé annonçait que plus de 7 millions de personnes avaient trouvé la mort prématurément du fait de l’exposition à la pollution, et de plus en plus de très jeunes enfants développent des bronchiolites aigues ou souffrent d’asthme.

Or, il est à craindre que la radicalité de ce plan ne le rende difficilement applicable. Paris deviendraž dès le 1er juillet 2016, une vaste zone à basses émissions où sera interdite la circulation des véhicules particuliers et utilitaires légers, ainsi que des 2 roues motorisées les plus polluants du lundi au vendredi, et toute la semaine pour tous les poids lourds (camions, cars et bus ne répondant pas aux normes).

Comment la maire de Paris peut-elle imaginer résoudre la problématique de la pollution dans son coin, comme si la capitale était sous cloche? Ce plan municipal, enfermé dans son périphérique apparait totalement déconnecté des réalités du territoire du Grand Paris.

C’est un avis largement partagé, et qui lui, dépasse les clivages politiques: en premier lieu par la Ministre de l’écologie qui a fait savoir que: «c’est un dispositif auquel il faut réfléchir à l’échelle de la région pour prendre en compte les déplacements paris- banlieue».

Jean Paul Huchon, Président de la région, qui a pourtant compétence pour les transports, mais également Olivier Faure, député socialiste de Seine et Marne et vice-président du groupe socialistes à l’Assemblée Nationale, ont écrit à la maire pour manifester leur surprise et leur stupeur face à cette méthode. Les conseillers régionaux de la région Ile de France, ont à leur tour protesté devant la brutalité de ces mesures.

Pourtant pour être efficace, ce que chacun de nous souhaite, un plan anti-pollution doit avant tout agir à la bonne échelle. Selon Airparif, la seule échelle pertinente s’avère d’ailleurs celle de la métropole. L’ADEME, également, dans son étude comparative sur les Zones à basses émissions de juin 2014, tire des retours d’expérience la nécessité d’appliquer ce dispositif sur un périmètre métropolitain.

Il est donc impératif qu’un travail en commun avec la région, et en concertation avec les élus franciliens, les entreprises, et les syndicats soit fait, permettant d’adopter des solutions efficaces, cohérentes et durables. C’est le Grenelle de l’air métropolitain que les groupes UDI Modem du Conseil de Paris et de la Région appellent de leurs vœux.

D’autre part, cette révolution des conditions de circulation ne peut se faire sans des mesures d’accompagnement sérieuses, tant pour les professionnels que pour les particuliers. Or il apparait que les mesures prévues pour les particuliers sont exclusivement concentrées sur les abandons de véhicules. Pas sur leur remplacement. Cette vision dogmatique des choses, ne prends pas en compte la réalité des contraintes de l’ensemble des franciliens, ni de leur pouvoir d’achat.

Dans une forme d’égoïsme qui joue Paris contre la banlieue, Anne Hidalgo fait donc une double erreur. Tout d’abord, si on ne dépasse pas le petit Paris, il n’y pas de plan de lutte contre la pollution qui vaille, il sera donc voué à l’échec. Ensuite, son plan, qui oublie les économiquement faibles et les familles non fortunées, ceux qui ont besoin de leur voiture pour transporter les enfants ou qui n’ont pas de solutions alternatives de transports, menace d’instaurer une forme de ségrégation par l’argent inacceptable.

Quand on parle d’écologie, on doit raisonner en termes de développement durable, les jeunes et les familles franciliennes en sont un facteur primordial. l’avenir c’est eux.

Edith Gallois, Conseillère régionale d’Ile-de-France et Conseillère de Paris (XIIIème)

Publié sur le Figaro Vox le 11/02/15 : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/10/31001-20150210ARTFIG00408-plan-anti-pollution-d-hidalgo-pourquoi-ca-ne-peut-pas-marcher.php